Caritas et la Cidse se rendront à Rome pour le Sommet mondial de l’alimentation


 16/11/09 - Caritas et la Cidse, la plus grande alliance de développement au monde, œuvrant avec les communautés touchées par la crise alimentaire en Asie, en Afrique et en Amérique latine, se rendront à Rome pour le Sommet mondial de l’alimentation afin de demander aux dirigeants mondiaux d’exploiter le potentiel des petits agriculteurs.

La Cidse et Caritas pensent qu’une action urgente se rend nécessaire dès maintenant ; chaque jour un milliard de personnes se couchent le ventre vide et, actuellement, plus de 23 millions de personnes en Afrique de l’Est ont besoin de l’aide alimentaire à cause d’une sécheresse survenue lors d’une crise des prix alimentaires, aggravée par la récession économique mondiale. Depuis que la crise a frappé en 2007, les gouvernements reconnaissent de plus en plus qu’il est nécessaire d’investir dans l’agriculture à petite échelle dans les pays en développement afin que les agriculteurs locaux puissent gagner des revenus dignes et jouir du droit universel à la nourriture.

C’est une évolution très positive, mais il faut que cette reconnaissance se reflète dans les politiques nationales et dans les stratégies de soutien des donateurs visant à promouvoir des organisations de petits producteurs et à renforcer leur capacité d’améliorer la production, la transformation et la commercialisation, notamment leur capacité de négocier avec les acheteurs et d’autres acteurs du marché. Les dirigeants du Sommet devraient donner la priorité à l’engagement pris avec les agriculteurs d’élaborer des politiques leur assurant l’accès à la terre et à l’eau, aux intrants, aux crédits, aux assurances, aux marchés, à la formation et à d’autres services”, affirme Bob van Dillen, membre de la Cidse et du réseau Caritas.

Il existe un risque important que la communauté internationale promeuve l’utilisation de techniques agricoles sophistiquées, qui sont dans de nombreux cas non durables sur le plan social ou environnemental et créent une dépendance des contributions externes, plutôt que d’investir dans ce dont les agriculteurs ont réellement besoin. Le Sommet mondial de l’alimentation devrait aussi réitérer son soutien pour une plus grande ouverture des marchés et l’achèvement du Cycle de Doha des négociations commerciales, dont Caritas et la Cidse pensent que, si des changements importants ne sont pas faits, elles pourraient nuire aux petits agriculteurs au lieu de les aider.

Caritas et la Cidse pensent que si la communauté internationale prend sérieusement en considération l’exploitation du potentiel des petits agriculteurs, les politiques devraient cibler en particulier les productrices femmes, qui sont l’épine dorsale de l’économie rurale et des acteurs cruciaux assurant la sécurité alimentaire du foyer. Les deux réseaux demandent aux gouvernements d’affecter, sur une période de 5 ans, un minimum de 10% de leurs budgets annuels pour mettre en œuvre ces politiques urgentes. La communauté des donateurs internationaux devrait s’engager à assurer au moins un taux équivalent au développement agricole et rural dans le cadre de l’Aide publique au développement (APD), dont le pourcentage sur le total des dépenses de l’APD a baissé de 17 % en 1980 à environ 5% aujourd’hui).

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