LES MILLIARDS PROMIS PAR LE SOMMET DU G8 SERONT INSUFFISANTS

 01/07/10 - Ces 5 prochaines années, les 8 plus riches pays industrialisés (G8) consacreront 5 milliards de dollars (± 4 milliards d’euros) à des programmes alimentaires et de soins de santé ciblant de jeunes mères et leurs enfants dans les pays en voie de développement. Cette somme est destinée à prévenir la mortalité maternelle et néonatale. C’est ce qui a été conclu samedi au sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du G8 dans la ville canadienne de Huntsville.

Caritas Internationalis avait déjà sommé précédemment les pays riches de prendre d’urgence en considération le problème croissant de la pénurie alimentaire mondiale : « Les paysans et les pauvres croulent depuis des décennies sous le fardeau de mauvaises gestions économiques et agricoles. Un milliard de personnes souffrent de faim chronique et un être humain sur sept n’a pas assez de nourriture pour assurer sa subsistance. Nous demandons que l’aide au développement soit plus conséquente et mieux utilisée, par exemple par le biais de projets durables et à petite échelle visant la croissance de la production plutôt que dans les multinationales agro-industrielles. ». Caritas en appelle à tous les pays riches afin qu’ils dégagent ensemble, au cours des 10 prochaines années, 195 milliard de dollars pour venir en aide aux pays pauvres, afin que ceux-ci soient en mesure de s’adapter aux changements climatiques (notamment réchauffement planétaire et sécheresse persistante) et qu’ils puissent se développer durablement.

La famine croissante dans le monde est alarmante

Caritas Internationalis et d’autres organisations non gouvernementales d’aide d’urgence et de développement se montrent satisfaites de voir que le G8 se préoccupe pour la première fois de la problématique tragique qui fait succomber chaque année dans le monde quelque 8 millions d’enfants de moins de 5 ans, principalement en Afrique dans le Sud du Sahara et en Asie. La plupart d’entre meurent en effet de maladie par manque de traitement adéquat ou suite à des complications lors de la naissance. Mais, malgré tout, les ONG restent sceptiques : s’agit-il réellement de fonds supplémentaires ou simplement d’une répartition différente de budgets préexistants de l’aide au développement ?

Dans tous les cas, la somme mise à disposition par le G8, soit 5 milliards de dollars est insuffisante. D’après les spécialistes, il faudrait en investir au moins 30 milliards pour espérer éradiquer la mortalité infantile. En outre, la question est de savoir si le G8 tiendra cet engagement solennel, dans la conjoncture perturbée de crise économique et financière que nous connaissons actuellement. Difficile à croire, lorsqu’on sait que déjà par le passé, et à plusieurs reprises, certains serments de ce type n’ont pas été entièrement suivis des faits.

Sommet du G8 : rituel annuel de fausses promesses ?

Il y a cinq ans, lors d’un commet à Gleneagles, en Ecosse, les 8 plus grandes puissances avaient ainsi promis d’investir 50 milliards de dollars supplémentaires dans l’aide au développement d’ici 2010 dont la moitié, soit 25 milliards de dollars, iraient à l’Afrique. Mais cet objectif est loin d’être atteint. Les pays du G8 ont jusqu’à présent rassemblé grosso modo le tiers de ce montant. Pas même la moitié (11 milliards) des 25 milliards promis à l’Afrique n’a effectivement été récolté.

« C’est totalement tragique. Nous donnons des milliers de milliards de dollars à des banques alors même que les banquiers continuent d’octroyer des dizaines de milliards de dollars de bonus. Mais nous n’arrivons pas à trouver 25 milliards pour sauver les 800 millions de pauvres et d’affamés en Afrique. On ne peut donc décemment déclarer que des progrès ont été réalisés » souligne Jeffrey Sachs, conseiller du secrétaire-général de l’ONU, Ban Ki Moon.

 

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