30/04/2010 - Malgré ces temps de crise économique et financière mondiale, les membres de l’Union Européenne ne peuvent se soustraire à leurs engagements en matière d’Objectifs de développement du Millénaire. Les leaders politiques européens ont en effet promis d’atteindre ces objectifs d’ici 2015. Et il ne s’agit pas uniquement d’un problème de crédibilité de l’UE mais également d’une question de vie ou de mort pour les millions de personnes des pays en voie de développement, déclare Caritas Europa (constituée de 48 organisations présentes dans 44 pays). Les Objectifs de développement du Millénaire visent à éradiquer la faim et la pauvreté dans le monde d’ici 2015. Ces objectifs clairement formulés en septembre 2000 par les Nations Unies, ont été signés par les dirigeants de 189 pays. Chaque année, les Nations Unies mesurent les avancées, par rapport à 1990, des 8 objectifs suivants :
- réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim et / ou d’extrême pauvreté et garantir un travail acceptable pour tous ;
- assurer le cycle complet d’enseignement primaire à tous les enfants;
- obtenir des droits égaux pour les hommes et les femmes dans l’enseignement, sur le marché du travail, dans la politique, etc. ;
- diminuer de 2/3 la mortalité infantile ;
- faire baisser de ¾ le taux de mortalité des femmes enceintes ou lors des accouchements ;
- arrêter la propagation et combattre le VIH/SIDA, la malaria, la tuberculose et d’autres maladies graves ;
- protéger durablement l’environnement (entre autres via la diminution des gaz à effet de serre) et améliorer l’accès à l’eau potable et aux installations sanitaires ;
- développer la coopération internationale en matière de développement.
« Pour certains de ces objectifs des progrès incontestables ont été enregistrés mais de façon inégale sur le plan géographique » signale Caritas Europa. « Plus d’un milliard de personnes souffrent de la faim et 1,4 milliard vivent sous le seuil de pauvreté absolu. Si les chiffres globaux ont en effet diminué depuis 1990 (surtout en Asie), ce n’est malheureusement pas le cas de l’Afrique noire, qui subit même une augmentation de la famine et de la pauvreté ! » Aide au développement La totalité de l’aide au développement officielle reste bien en deçà de l’objectif de 0,7% du revenu national brut des Etats membres de l’OCDE, comme convenu en 1970. Et, cette année, seulement 5 pays (européens !) auront réussi à atteindre cette norme : la Norvège, la Suède, le Danemark, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Belgique. Actuellement, à l’échelle mondiale, l’Union Européenne assume largement la moitié de l’aide publique aux pays en développement et elle est, pour de nombreux pays pauvres, un partenaire commercial important. Caritas Europa implore les autorités des Etats membre de l’UE de ne pas raboter le budget actuel de l’aide aux pays en voie de développement et de ne pas prendre de mesures protectionnistes qui mettraient en danger les exportations des pays pauvres : « Nul ne bénéficie de la pauvreté. Elle prive ceux qui en souffrent d’un de leurs droits les plus élémentaires, à savoir la dignité. La pauvreté engendre l’insécurité et menace l’équilibre mondial. Par contre, réaliser les Objectifs du Millénaire sera profitable tant pour les pays riches que pour ceux en voie de développement : tous les pays seront gagnants si la faim et la pauvreté sont éliminées. » Caritas Europa a rédigé un document comprenant quelques recommandations concrètes adressées à l’Union Européenne et aux Etats membres, telles que le respect et la promotion des droits de l’homme, la réponse aux besoins réels des pauvres, l’engagement concret à améliorer la sécurité alimentaire et à combattre la faim, la pauvreté, les maladies graves et l’analphabétisme dans les pays du Tiers Monde,… --- * recommandations adressées à l’UE (fichier PDF en anglais) * document de travail (fichier PDF en anglais) |