Les changements climatiques nécessitent une nouvelle éthique globale

 20/10/09 - Caritas Internationalis vient de publier un rapport qui préconise une nouvelle approche globale des actuels changements climatiques. Le rapport, intitulé « Justice climatique : à la recherche d’une éthique globale », attire l’attention sur les dimensions éthiques, morales et théologiques des problèmes environnementaux, car « les approches scientifique et économique sont importantes mais loin d’être suffisantes ».

« Le rapport développe des arguments moraux clairs, basés sur la bible et la doctrine sociale de l’Eglise. Nous devons dépasser les intérêts strictement personnels et nationaux pour se concentrer sur l’intérêt général. Il faut donc radicalement inverser la vapeur pour mieux affronter les défis du futur. Les scientifiques et les économistes s’entendent clairement sur la nécessité de freiner les changements climatiques mais, pour y parvenir, une modification en profondeur de nos habitudes de vie s’avèrera nécessaire. Le prochain sommet ONU sur le climat qui se tiendra dans la capitale danoise (Copenhague - 7 au 18 décembre 2009) offre aux décideurs mondiaux une opportunité unique de prendre les mesures indispensables pour combattre les effets néfastes des changements climatiques », déclare le Cardinal Oscar Maradiaga, Président de Caritas Internationalis.

Le tiers-monde


Les changements climatiques compliquent l’aide humanitaire et le travail de développement des 163 organisations membres du réseau Caritas qui, dans le futur, seront confrontées à de plus en plus de situations d’urgence. Ces bouleversements climatiques font également partie intégrante de la vie quotidienne des populations pauvres du tiers-monde. Lors d’un récent sondage organisé par Caritas dans les pays en voie de développement, 90% des participants déclaraient avoir subi d’importants changements du climat et 95% constataient des bouleversements en matière de précipitations.

« C’est une injustice structurelle : ceux qui sont le moins responsables des changements climatiques, c’est-à-dire ceux qui vivent dans les régions les moins développées et les moins industrialisées, souffrent le plus des conséquences néfastes de ceux-ci. En vertu de leur richesse considérable, de leur potentiel technique et de leur esprit d’entreprise, les pays évolués doivent non seulement mettre tout en œuvre pour trouver des solutions, mais doivent également aider les pays les plus pauvres à se développer de manière écologique et responsable », pouvons nous lire dans le rapport.

Solidarité

Dans son introduction, Lesley-Anne Knight, secrétaire générale de Caritas Internationalis, précise : « La victoire contre les changements climatiques a un prix. Et il n’est que juste que les riches pays industrialisés en paient la plus grosse part. Ces pays sont en effet en grande partie responsables de la production et de l’émission des gaz nuisibles. Ils sont ceux qui ont le plus bénéficié de la croissance et du développement qui ont mené au réchauffement de notre planète, provoquant des conséquences néfastes, ceux communément appelés « effets de serre ». Les grands décideurs devront désormais faire preuve d’un certain courage politique afin d’inciter la population à un changement de comportement et à une diminution de la consommation. Même si pousser le consommateur vers un niveau de vie plus modéré n’est pas très porteur sur le plan électoral ! ».

Caritas in Veritate

L.-A. Knight s’appuie sur la récente encyclique du Pape Benoît XVI, "Caritas in Veritate", où la véritable solidarité est ainsi définie : « c'est avant tout se sentir tous responsables de tous. Vouloir le bien commun et le rechercher est une exigence de la justice et de la charité ».

D’après le rapport de Caritas, les excédents de production des pays industrialisés devraient être réduits et céder la place à une prise de conscience quant à la raréfaction et à une possible disparition des ressources naturelles. Les riches pays industrialisés, qui participeront au prochain sommet à Copenhague, sont invités à conclure un accord efficace et juridiquement contraignant en termes de réduction des gaz à effet de serre. Dans le même temps, on attend d’eux également plus d’appuis financiers et technologiques aux pays pauvres, afin qu’ils puissent mieux s’adapter aux nouvelles conditions atmosphériques.

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 Lisez l'intégralité du rapport :

La version en français :
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La version en anglais :
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