29/07/10 - Plus de 20.000 scientifiques, politiciens, thérapeutes et spécialistes du monde entier se sont donné rendez-vous à Vienne du 18 au 23 juillet à l’occasion de la Conférence internationale sur le SIDA. Caritas Internationalis y a fait également le déplacement. Les participants ont pu prendre connaissance des progrès enregistrés en matière de prévention, notamment avec le nouveau gel vaginal, et des avancées enregistrées dans le traitement du SIDA. Les Nations Unies ont notamment annoncé une diminution de 10%, ces 5 dernières années, des décès liés au SIDA. Autre bonne nouvelle : 15 pays parmi les plus touchés par la maladie ont connu une diminution de près d’un quart des contaminations chez les jeunes. Dans 8 des ces pays, tels que l’Ouganda ou le Kenya, ce recul de la maladie est en partie dû à un changement des comportements, qui se matérialise par une entrée plus tardive dans la vie sexuelle et la réduction du nombre de partenaires sexuels. D’après Robert Vitello, spécialiste du SIDA chez Caritas Internationalis, l’épidémie ne peut être combattue qu’au seul moyen de la distribution et de l’usage du préservatif. Elle doit aller de pair avec une modification en profondeur des habitudes sexuelles (abstinence et diminution de la promiscuité sexuelle). Et cette idée fait peu à peu son chemin au sein des Nations Unies. « Caritas Internationalis a depuis longtemps souligné l’intérêt de ce combat contre la promiscuité, et ce dernier est aujourd’hui de plus en plus reconnu », ajoute Robert Vitello. Accès aux soins de santé Depuis le début des années 80, 25 millions de malades ont été emportés par le SIDA. 2 millions sont à déplorer pour la seule année écoulée. À travers le monde, on compte aujourd’hui 33.4 millions de porteurs du virus VIH, en majorité en Afrique et en Europe de l’est. Une infection qui, pour rappel, se transmet par contact sanguin (échange de seringue, transfusion, lait maternel…) ou sexuel (rapports à risque et non protégés) et conduit à une déficience partielle du système immunitaire dans ses stades plus avancés. Parmi les malades, au minimum 15 millions ont besoin de médicament anti-VIH/SIDA. L’année dernière, à peine 5.2 millions de porteurs du virus – c'est-à-dire à peine 1 sur 3 ! – ont bénéficié du traitement. Pour rendre le traitement du VIH et du SIDA accessible et abordable au plus grand nombre, il est urgent que des moyens financiers plus importants soient débloqués par les gouvernements des pays riches et les ONG. « C’est au minimum 25 milliards de dollars qui sont nécessaires pour lutter contre l’infection et offrir des soins médicaux aux malades. Or cette année, nous atteindrons moins d’un tiers de ce montant avec 7.6 milliards de dollars », précise Franz Küberl, président de la Caritas Autriche. Un soutien financier en déclin Avec la crise économique et financière mondiale, la récolte de fonds se complique. Les gouvernements des pays donateurs n’ont mis à disposition qu’un budget total de 7.6 milliards de dollars, soit 100 millions de moins que l’année précédente ! Ce net recul se fait déjà sentir, en Ouganda notamment, où les nouveaux patients ne sont plus inscrits dans les registres de santé, tandis que les patients existants s’en voient exclus et contraints de se partager le peu de médicaments disponibles. Caritas Internationalis craint que dans les pays pauvres les groupes les plus vulnérables, tels que les toxicomanes, les homosexuels, les prostitués et les détenus, feront les frais de ces coupes budgétaires. Selon Robert Vitello, la campagne mondiale contre le HIV/SIDA risque bien « de connaître un bon en arrière de près de 20 ans et un retour à la situation des années 80, lorsque les lits d’hôpitaux venaient à manquer et que la plupart des malades du SIDA mourraient sans même recevoir de soins. » |