11/02/2011 - Une centaine de représentants de la Confédération internationale Caritas ont pris part à la dixième édition du Forum Social Mondial qui se tenait du 6 au 11 février à Dakar, la capitale du Sénégal. Un rendez-vous international auquel près de 60.000 délégués issus de 123 pays, dont la Belgique, ont assisté. Issus d’ONG, de syndicats, d’associations de défense des droits de l’homme, de mouvements paysans ou sociaux, les participants n’ont eu cesse de rappeler qu’« un autre monde est possible ». Cette année, les débats étaient notamment axés sur la question des flux migratoires et de la diaspora africaine. Le Forum Social Mondial (FSM), depuis sa création en 2001 à Porto Alegre, se veut une alternative sociale au Forum Économique Mondial qui se déroule chaque année à Davos en Suisse. Il s’agit d’une initiative qui se veut plus ouverte et plus démocratique que les réunions des pays les plus riches comme le G8 ou le G20, dont les sommets aboutissent à des décisions – prises par des élites, derrières des portes closes – et souvent lourdes de conséquences pour l’économie mondiale. Le FSM – souvent considéré comme la grand-messe des altermondialistes – s’est imposé en 10 ans comme la principale plate-forme non-gouvernementale mondiale. Ses organisateurs le considèrent d’ailleurs non pas comme une organisation en soi, mais comme un lieu de rencontre démocratique pour celles et ceux qui se liguent contre les effets du néolibéralisme et du capitalisme débridé, en faveur d’un monde meilleur et plus juste. Caritas avance un modèle alternatif de développement social « Tous ensemble, avec d’autres organisations chrétiennes et ONG, nous regardons à la lumière de l’Évangile le modèle de mondialisation en vigueur actuellement, où l’argent est roi, où l’intérêt pour l’autre ne cesse de décliner. C’est un système qui nous mène à la catastrophe », s’indigne notamment Emmanuel Laffont, évêque de Cayenne (Guyane française), présent à Dakar pour le Secours Catholique (Caritas France). La délégation Caritas à Dakar préoccupée par les politiques migratoires de plus en plus sévères mises en place dans les pays riches ; la traite des êtres humains et les limitations à la libre circulation des personnes a concentré ses travaux sur ces problématiques. Ce n’est d’ailleurs pas sans raison si la question migratoire était particulièrement, au cœur des débats du FSM de Dakar. Avec un moment clé, le 4 février, et la signature de « La Charte Mondiale des Migrants » porteuse d’un message fort : le monde est un village au sein duquel tous jouissent des même droits et devoirs, dont le droit d’émigrer. La libre circulation des biens et des services doit être associée à la libre circulation des personnes. Les organisations présentes à Dakar ont également organisé des événements autour des questions de souveraineté alimentaire, de la spéculation sur le prix des denrées alimentaires et de l’énergie, de l’accès à l’eau, de l’accaparement des terres (la mise à disposition d’état à état de vastes surfaces de terres cultivables)… Caritas plaide, d’ailleurs, pour des modèles de développement et de mondialisation alternatifs, qui contribuent à réduire les différences économiques entre l’occident prospère et « le reste du monde », et qui donnent la priorité à des valeurs telles que la démocratie, la solidarité, la justice sociale, le respect des droits humains et de l’environnement plutôt qu’à la protection des intérêts économiques et financiers. « Un autre monde est possible » La crise économique et financière mondiale a démontré la vulnérabilité et les limites des recettes économiques qui prévalent depuis des décennies dans les pays riches et pauvres. Cette crise était une nouvelle fois au cœur des échanges, ateliers et débats tenus au Forum Social Mondial. Le mouvement démocratique dans le monde arabe a également retenu l’attention des délégués. La Révolution du Jasmin en Tunisie, initiée par des paysans, et la révolte en Égypte contre le président Moubarak trouvent leur origine dans le même soulèvement : la protestation de communautés appauvries contre l’injustice sociale et des revendications démocratiques pour plus de libertés individuelles. Elles démontrent que la mobilisation et la conscientisation de la population permettent d’aboutir à des avancées politiques. Ils étaient près de 100, pour l’édition du FSM de cette année, à venir de Belgique. La création du Forum Social de Belgique (FSB) remonte à 2002. Le chainon belge du FSM fédère des dizaines d’organisations, telles que des mouvements sociaux, des groupes d’actions, des syndicats ou des ONG, comme le CNCD-11.11.11 dont Caritas International est membre. Le FSB travaille sur des thématiques variées présentées en détails sur le site : www.wsf.be.
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