13/02/09 - Anote Tong est le président de la République de Kiribati, composée de petites îles du Pacifique-Sud qui risquent bien d'être pratiquement englouties par l'océan d'ici maximum 50 ans, obligeant dès lors ses 90.000 habitants à déménager. Lors d'une récente visite en Nouvelle-Zélande, il s'est exprimé à propos des impacts du changement climatique et de la nécessité de préparer le déplacement de sa population vers un autre pays. Il a décrit comment les marées de plus en plus hautes s'attaquaient aux côtes avec comme conséquences néfastes l'érosion et la contamination de l'eau douce. Il a aussi expliqué à quel point il était douloureux d'imaginer le jour où son peuple n'aurait plus de pays et de devoir en planifier le départ. Tout en reconnaissant que cette planification est bien entendu indispensable et qu'elle doit débuter dès à présent. En Océanie aujourd'hui, nombreux sont ceux qui se retrouvent confrontés à des changements environnementaux qui s'avèrent nuisibles pour leur mode de vie et entravent leur développement. Des enquêtes scientifiques sur le changement climatique sont d'une importance capitale afin de déterminer précisément ce qu'il advient de notre planète, mais les récits de ces insulaires donnent une dimension plus humaine au problème. Il existe en effet beaucoup d'histoires au sujet des inondations et de l'érosion de nombreuses côtes du Pacifique. Elles sont le résultat des tempêtes et des raz-de-marée qui surviennent de plus en plus fréquemment et avec une intensité sans cesse croissante. L'augmentation du niveau d'eau diminue non seulement le nombre de terres cultivables mais contamine également les sources d'eau douce sur les îles de corail, dont l'approvisionnement en eau est déjà fort fragile. Ces îles étant fort basses, les habitants redoutent les conséquences de l'élévation du niveau des mers. En outre, le phénomène météorologique El Niño fait partie intégrante de la vie de tous les habitants du Pacifique. D'autant plus que ces dernières 30 années, il a fait de plus en plus parler de lui. Il modifie à son gré la répartition des pluies, causant de graves et longues sécheresses dans certaines pays, alors que d'autres subissent des chutes de pluies excessives. El Niño est également à la base d'un risque accru d'apparition de cyclones tropicaux de forte intensité. Les petites îles n'ont qu'une quantité très limitée de ressources naturelles et leur superficie est réduite. Cela les rend d'autant plus vulnérables aux conditions atmosphériques extrêmes et réduit leurs possibilités de s'adapter à un climat aussi changeant. C'est la raison pour laquelle les dirigeants de certaines îles, telle que Kiribati, parlent ouvertement des mesures qu'ils envisagent pour déménager leur population vers d'autres pays, comme par exemple vers la Nouvelle-Zélande. Caritas Océanie, qui juge cette problématique primordiale, en fit part déjà il y a quelques années aux autres organisations membres de Caritas Internationalis, à l'heure où les changements climatiques n'étaient pas encore au centre des préoccupations du réseau Caritas. Fort heureusement entretemps les choses ont évolué. En effet, depuis, le réseau s'est positionné mondialement sur le plan de l'aide d'urgence et du développement et le changement climatique constitue désormais une grande menace pour le travail des 163 organisations Caritas. Pour les membres de Caritas Océanie, le changement climatique a toujours été une question de justice. Les petites îles ne sont responsables que d'une part infime des gaz qui causent le réchauffement de notre planète. Et pourtant elles en subissent les plus lourdes conséquences. Il est donc primordial pour Caritas que leurs voix soient entendues au moment où des décisions seront prises au plan mondial au sujet de ce fléau.
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