RESEAU CARITAS

L’ONU DOIT COMBATTRE LA CORRUPTION AFIN D’ERADIQUER LA PAUVRETE DANS LE MONDE


 02/09/09 - Caritas demande à l'ONU d’entamer d’urgence une lutte énergique contre la corruption, qui est l'une des principales causes de pauvreté dans les pays en voie de développement. Voilà ce qu’indique une lettre rédigée par Caritas et une cinquantaine d’autres organisations humanitaires d’inspiration religieuse à l’intention du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon.

Les signataires affirment que la corruption est un sérieux obstacle à la lutte contre la pauvreté. Et que tant les pays riches que les pauvres devraient prendre leurs responsabilités dans l’éradication de la corruption sous toutes ses formes (subornation, détournement de fonds, blanchiment d’argent, transports illégaux, etc.).

« La corruption est condamnée par toutes les religions. Il est de notre mission morale de la combattre efficacement, car nous luttons pour la justice et sommes aux côtés de ceux qui sont économiquement défavorisés et socialement marginalisés. La corruption mine véritablement les principes moraux de justice et d’égalité, déséquilibre les systèmes de valeurs et de normes, perturbe la cohésion sociale et ébranle l’indispensable climat de confiance au sein de la société. La corruption constitue un frein à la croissance économique équitable et au développement durable. Les pratiques de corruption, telles que le détournement de fonds publics, mène inévitablement à une baisse des investissements et des recettes fiscales. Les plus rapidement et durement touchés étant toujours les plus pauvres et les plus vulnérables : leurs revenus, leur éducation et leur santé se retrouvent compromis », voilà ce que nous pouvons lire dans la lettre.

Conférence au sommet de l’ONU

Du 9 au 13 novembre prochain, se tiendra à Doha, capitale du Qatar, une conférence au sommet afin de réviser la Convention de l’ONU contre la Corruption (UNCAC). Cette convention, approuvée en 2003 par l’Assemblée générale des Nations Unies, a été signée par 140 pays dont 136 l’ont également ratifiée.

Caritas et les autres signataires de la lettre promettent un soutien total à la Convention de l’ONU. Mais ils s’attendent également à ce que le texte soit reformulé afin que les états membres disposent d’un instrument légal qui leur permettrait de prévenir, détecter et sanctionner fermement la corruption, tant sur le plan national qu’international (via l’échange d’informations et la coopération transfrontalière).

Le succès de la prochaine adaptation de la convention dépendra de l’engagement des états membres à mettre en oeuvre des mesures radicales et justes contre la corruption. Lors de la proposition de révision de la convention, il faudra tenir compte de deux principes de bases : 1) La transparence de la politique anti-corruption (notamment en fournissant des informations sur l’exécution des mesures et les résultats obtenus). 2) L’implication de l’ensemble de la société et des diverses organisations sociales (y compris les organisations humanitaires et les églises) dans l’application concrète de la convention : « Les parties prenantes à la révision de la convention de l’ONU (UNCAC) doivent avant tout envoyer un signal clair aux pauvres, en leur montrant que ceux à qui ils ont donné le pouvoir sont non seulement capables mais également déterminés à mettre un terme au fléau de la corruption, dans l’intérêt de tous. »

Pressions sur l’UE


Entretemps, Caritas Europa s’est affiliée à un groupement de 14 organisations d’inspiration religieuse, qui ont envoyé une lettre commune à l’actuel président de l’Union Européenne, le Premier Ministre suédois Reinfeld. Ils y formulent 5 revendications majeures, demandant entre autres que les états membres de la Communauté Européenne parviennent à un point de vue commun, que les états membres qui n’ont pas encore ratifié la convention le fasse immédiatement et que l’Union Européenne calque résolument et sans délai ses politiques anti-corruption sur les nouvelles dispositions du traité lorsqu’il sera révisé.


 

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