Normes et valeurs dans le monde économique et financier


02/02/10 - Lesley-Anne Knight, secrétaire générale de Caritas Internationalis, souhaite une réforme approfondie des institutions et des structures mondiales. Les valeurs humaines et les principes moraux, tels que le respect de la personne humaine, doivent pénétrer au cœur du système international économique et financier. C’est ce qu’elle a plaidé la semaine dernière lors du Forum Économique Mondial, à Davos, en Suisse.

Des centaines de personnalités influentes ont à nouveau participé au forum : des (anciens) chefs d’Etat, des hommes politiques (entre autre Ministres du Commerce), des dirigeants d’entreprise, des banquiers, des académiciens, des artistes, des dirigeants religieux et des représentants de diverses organisations sociales, comme des ONG. Cette année, le forum prévoyait une sorte d’exercice collectif de réflexion sur l’avenir du système capitaliste avec, comme question centrale : comment sortir de l’actuelle crise économique et financière, et comment faire en sorte de ne pas y retomber ? En raison de la position importante de Caritas Internationalis (la plus grande organisation humanitaire au monde après la Croix Rouge), Lesley-Anne Knight a été invitée au Forum et a écrit un chapitre du rapport préparatoire sur « les valeurs dans l’économie de l’après-crise».

« On peut juger la moralité d’une société en fonction de sa façon de traiter les plus vulnérables », a expliqué Lesley-Anne Knight. Elle a également résumé les normes et les valeurs éthiques les plus importantes qui devraient être la base de chaque action responsable, tant du point de vue politique, social, financier qu’économique :

  • compassion ;
  • solidarité, par exemple avec les victimes du tremblement de terre en Haïti ;
  • option préférentielle pour les pauvres, en privilégiant les affamés, les faibles, les marginalisés et les persécutés ;
  • chercher à atteindre le bien-être général plutôt que l’intérêt et le profit personnel ;
  • et surtout le respect de la dignité de tout être humain, de la valeur familiale et de l’environnement dans lequel nous vivons ;
  • en bref, l’amour (= caritas) du prochain, qui forme d’ailleurs le noyau de la doctrine sociale catholique. Mais cet amour est indissociablement lié au principe de justice.

« Il est évidemment très facile de reconnaître les valeurs et les principes essentiels qui devraient être à la base de notre système et de nos institutions. Mais il est difficile de les mettre en pratique. Le monde financier a ses propres mécanismes, bénéfices et bonus. Les gens en sont écartés, avec toutes les conséquences désagréables que cela implique pour nous, surtout pour les pauvres. Pour une ONG catholique comme Caritas, la personne humaine occupe une position centrale, quelle que soit l’action qu’elle entreprend. Cela devrait également être le cas pour les systèmes économiques et financiers, qui sont finalement au service de la société », a déclaré Lesley-Anne Knight.

Le retour aux valeurs humaines et morales doit, selon Caritas Internationalis, être interprété de la manière suivante :

  • les pays pauvres doivent jouer un plus grand rôle dans les organisations internationales telles que les Nations Unies et l’Organisation Mondiale du Commerce ;
  • les institutions financières doivent surveiller l’impact humain de leurs activités ;
  • l’aide d’urgence et l’aide au développement doivent être délivrées sans condition ;
  • il faut offrir à la population locale un plus grand rôle dans son propre développement.


A Davos, Knight, la secrétaire générale de Caritas Internationalis a appelé les organisations mondiales à unir leurs forces pour protéger l’environnement, pour gérer les conséquences catastrophiques des changements climatiques et les prévenir autant possible : « la croissance et le développement économique doivent aller de pair avec la justice et la solidarité internationales. Les pays riches ont tiré le plus gros profit de l’industrialisation, ce qui a entraîné les changements climatiques actuels. Il est donc normal qu’ils soutiennent financièrement les pays pauvres, car ceux-ci sont les plus vulnérables face aux catastrophes naturelles, conséquences des changements climatiques, et qu’ils ne disposent pas des moyens nécessaires pour faire face seuls à ces catastrophes. Il suffit d’observer Haïti ».


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Extra:
- Rapport Davos  "Les valeurs dans l'économie de l'après-crise" (PDF, anglais, voir p33)
- Résumé du rapport (PDF, français)

 

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