Centre fermé

Des enfants en centre fermés ? Inhumain, intolérable et contraire aux obligations internationales de la Belgique


Caritas International est fortement préoccupée par la situation des enfants détenus dans les centres fermés. Et ce d'autant plus que notre pays a ratifié la convention internationale des droits de l'enfant. Ainsi, selon plusieurs rapports de pédopsychiatres, les conditions de vie dans les centres fermés s'apparentent à de la " maltraitance psychologique " pour les enfants. Caritas International exprime ici sa position sur cette délicate problématique et propose au gouvernement certaines pistes de réflexion.

Au nom de l'efficacité de la politique migratoire, de nombreux enfants se retrouvent détenus dans des centres fermés pour illégaux. Il peut s'agir de familles ou de mineurs non accompagnés arrivés en avion sans passeport pour demander l'asile, de demandeurs d'asile déboutés ou encore de sans-papiers. Les circonstances de ces arrestations peuvent être particulièrement humiliantes pour les enfants et leurs parents. Certains enfants séjournent parfois plusieurs mois dans un environnement totalement inadapté.

D'une part, on constate que le nombre d'enfants enfermés est en augmentation.
D'autre part, la pratique montre que la durée d'enfermement n'est absolument pas " aussi brève que possible ". Très souvent, des enfants passent plusieurs mois, dans l'attente d'être rapatriés, parce que l'Office des Etrangers doit obtenir l'accord des autorités du pays d'origine avant tout rapatriement, ce qui peut impliquer de longues négociations.

On ne soulignera jamais assez l'importance du traumatisme provoqué par un séjour dans un univers carcéral. Selon plusieurs rapports de pédopsychiatres, les conditions de vie dans les centres fermés s'apparentent à de la " maltraitance psychologique " pour les enfants. Par ailleurs, les possibilités de sorties à l'air libre sont très limitées et la structure ne peut répondre aux besoins spécifiques des enfants.

En Belgique, des enfants sont privés de liberté uniquement en raison de la situation de séjour de leurs parents et paient donc une situation dont ils ne sont pas responsables. Ceci est intolérable dans un Etat de droit. En conclusion, Caritas international demande au gouvernement :

  • Que la détention des mineurs en centres fermés, pratique humainement intolérable et totalement contraire aux droits fondamentaux des enfants, soit définitivement arrêtée et soutient pleinement la campagne Des enfants en centre fermé ? Nous disons 'non' ! et Wij zeggen 'neen' tegen de opsluiting van kinderen !
  • De faire voter rapidement la proposition de loi permettant qu'un contrôle judiciaire effectif puisse s'exercer sur la détention en intégrant l'article 37 b de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant dans la loi belge.
  • Que les enfants, en famille ou non accompagnés, ne puissent séjourner que dans des structures d'accueil qui garantissent effectivement leurs droits fondamentaux prévus par la Convention internationale relative aux droits de l'enfant, et notamment le droit à l'éducation et à l'épanouissement personnel (accès à des activités culturelles et ludiques adaptées à leur âge).
  • Que des budgets significatifs soient dégagés en faveur de mesures alternatives à l'enfermement (création de nouvelles structures d'accueil pour l'aide à la jeunesse, actuellement saturées, aide au retour volontaire des familles pour construire un avenir viable dans leur pays d'origine).

 

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