Retour volontaire

Mails d’un guide népalais qui a réussi


 C’est à Anvers, aux alentours de Noël 2007, que Caritas a rencontré Krishna Dhakal, un Népalais qui, découragé par des procédures d’asile infructueuses, souhaitait rentrer au pays. L’homme avait des demandes précises : il désirait retrouver sa femme et ses enfants et ambitionnait de reprendre son ancienne affaire, une entreprise de trekking pour touristes dans la capitale Kathmandu.

Un mois après cette première entrevue, Krishna Dhakal rentra au pays : il pouvait compter sur le soutien de la Caritas Népal sur place et était assuré d’un petit budget pour redémarrer son ancienne affaire. Puisqu’il présentait de graves problèmes cardiaques nécessitant des médicaments fort coûteux à vie, il pouvait en outre prétendre à un budget supplémentaire destiné à supporter partiellement ses frais médicaux Après son retour au Népal, Caritas continua à avoir des contacts avec lui via e-mails. Voici quelques extraits choisis de la correspondance échangée :

Bonjour. Je suis arrivé sans encombre au Népal. Je suis ravi d’avoir retrouvé ma famille. […] J’ai rencontré la dame qui travaille pour la Caritas locale à Lalitpur. Je lui ai parlé de vous. Merci de lui faire part de tous les détails me concernant. Parlez-lui aussi de ma maladie pour envisager le suivi médical dans le futur. J’essaye de suivre votre conseil et de reprendre mon ancienne compagnie de trekking mais j’aurai sans doute besoin de votre aide. […] Svp, restez joignable car j’aurai probablement besoin de vos conseils et de votre soutien dans les prochains jours… […].(02/2/2008)

La somme budgétée et envoyée de Belgique pour son retour volontaire mit un certain temps avant d’apparaître sur le compte étranger et les partenaires locaux ne pouvaient guère l’aider n’ayant eux-mêmes aucune réserve financière pour avancer l’argent. Entretemps et en attendant de pouvoir disposer des fonds, Krishna, loin de se décourager, commençait déjà à planifier concrètement la reprise de son affaire.

Merci de votre charmant e-mail. J’ai fort à faire en ce moment car j’ai repris contact avec mon ancien associé pour envisager une collaboration dans la société de trekking. S’il n’accepte pas, je pense créer seul ma propre entreprise. Je sais que je pourrai compter sur l’aide précieuse et les conseils de Caritas. […] (26/2/2008)

Une fois l’argent arrivé sur le compte du partenaire local – Caritas Népal en l’occurrence –, celui-ci paye le bénéficiaire par tranches successives, afin de garder le contact et de vérifier que l’indemnité est utilisée à bon escient. Dans le cas de Mr Dhakal, étant donné ses problèmes cardiaques, une somme supplémentaire était prévue. Une fois sur place, il souhaitait également investir ce budget dans son entreprise : Salutations de l’Himalaya au royaume du Népal. Ici Krishna Dhakal de Kathmandu. Comment allez-vous ? Moi, je vais plutôt bien. Je viens juste de reprendre mon ancienne agence de trekking (“Mother Land Nepal Trekking & Expedition ») et je voudrais donc vous demander de verser le solde de mon indemnité. Je n’ai reçu à ce jour que 50% de la somme.” (11/03/2008)

Le budget supplémentaire n’étant absolument pas prévu pour cela, Caritas Népal insistait donc sur l’importance de ses soins médicaux.

J’ai bien reçu votre mail et je vous en remercie. Je suis toutefois surprise de lire le courrier de Mr Dhakal. D’après mes informations, il était supposé utiliser une partie du budget pour son traitement. (…) Nous lui avons donc versé le premier acompte le 7 mars 2008. Il ne m’a plus contactée depuis sachant que je lui demanderais les factures de ses soins médicaux. Etant chargée de vérifier et de vous soumettre les justificatifs, je ne peux débourser la totalité avant d’être certaine de la bonne utilisation des fonds déjà versés […] (14/05/2008)

Caritas Népal est finalement parvenue à convaincre Mr Dhakal de l’importance de son traitement médical et à lui faire comprendre que le budget complémentaire était réservé à cet usage : Mr. Krishna Dhakal vient de me contacter. Je lui ai clairement indiqué que le solde de 700€ encore à percevoir était exclusivement destiné à couvrir ses frais médicaux. Il a fini par l’admettre. Il achètera donc les médicaments et me soumettra les justificatifs que je lui rembourserai. Il est d’accord de procéder de cette manière. (15/5/2008)

Environ 6 mois après son retour au Népal, Mr Dhakal nous fit savoir que tout allait bien pour lui et qu’il était devenu propriétaire à 50% d’une société de trekking. Le budget alloué par Caritas lui avait été fort utile quoique pas suffisant. Il avait contracté un emprunt bancaire pour finaliser la transaction. Il ne lui manquait qu’une seule chose : des touristes ! Pour visiter avec lui « le toit du monde ».

Bonjour et chaleureuses salutations depuis le sommet du monde. J’espère que vous allez bien. Ici pour moi c’est le cas. Je suis associé à 50% dans une société de trekking. Pour réaliser cet investissement, j’ai obtenu un emprunt bancaire mais il me sera difficile de le rembourser si les affaires vont mal. Je sollicite donc le soutien de la grande famille Caritas pour promouvoir ma société de trekking. Voici mon site web www.nepaltrekandtours.com ou www.motherlandnepal.com. La saison débutera début septembre. Si vous en avez l’opportunité, pendant vos vacances, n’hésitez pas à venir visiter le Mont Everest, surnommé le « toit du monde » ou à recommander cette visite à vos amis. Nos montagnes de l’Himalaya ont hâte de vous accueillir ! Salutations à tout le monde làbas. Je vous souhaite bonne chance et belle journée. Sincèrement vôtre, Krishna Dhakal. (14/8/2008)



 

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