Du 19 au 25 août, Annelieke Carlier et Thomas Jézéquel de la Cellule «Retour volontaire et réintégration» de Caritas International ont effectué une visite d’évaluation de leur partenaire en Mongolie. Les Mongols représentent en effet une part importante des retours volontaires gérés par Caritas dans le monde, avec plus de 70 personnes aidées depuis mars 2007. La communauté mongole de Belgique se concentre principalement dans la ville d’Anvers. Une équipe solide En Mongolie, Caritas travaille étroitement avec la Caritas Mongolie, gérée par le père Pierrot Kasemuana, missionnaire originaire du Sud-Kivu congolais. Il peut compter sur une équipe locale solide et anglophone. Caritas Mongolie se concentre principalement sur l’aide d’urgence (catastrophe naturelle) et les projets d’agriculture, mais a accepté, lors d’une première visite sur place en décembre 2007, de devenir un partenaire structurel de Caritas Belgique pour l’aide à la réintégration des migrants. Notre dernière visite nous a permis de constater le sérieux et le professionnalisme de l’équipe de Caritas Mongolie, qui travaille dans des conditions difficiles. Si de nombreux migrants collaborent facilement, Caritas est également en butte à des attitudes agressives et des menaces afin de débloquer les fonds «sans poser de question». Cela nous conduira à une sélection plus attentive des dossiers de réintégration à partir de la Belgique. Logements précaires et difficultés financières Cependant, dans l’ensemble, les personnes bénéficiaires du projet sont bien aidées et nous avons pu constater les conditions de grande précarité dans lesquelles elles vivraient sans appui à leur retour. La société mongole est gangrenée par la corruption et le taux de chômage élevé s’explique en partie par le fait qu’un candidat à un emploi est supposé «rémunérer» la personne qui l’aide à trouver un travail (ami ou simple connaissance). Cette pratique généralisée du pot de vin handicape grandement les personnes ne bénéficiant pas d’un réseau social leur permettant de s’insérer facilement dans l’économie locale. Les principaux problèmes de nos bénéficiaires sont l’accès au logement et la santé. Nous avons rencontré de nombreuses personnes vivant à plusieurs familles dans des petits appartements voire de simples baraques dans les immenses «bidonvilles» (principalement composés de maisons en bois et de tentes traditionnelles, les «ger») d’ Ulaan Baator. La Caritas Mongole suit les dossiers de près et tente de remédier à ces situations avec les budgets octroyés par FEDASIL via Caritas Belgique. Une des personnes visitées a pu rouvrir un petit commerce dans la banlieue de la capitale. Celle-ci vivote tant bien que mal malgré le peu de liquidité : la pauvreté générale fait que l’épicière est obligé de faire crédit à de nombreuses familles en espérant être remboursée à terme, ce qui lui pose des problèmes pour renouveler ses stocks. Un jeune couple, avec un enfant né en Belgique, nous a permis de mieux comprendre les mécanismes improbables qui mènent des candidats à l’exil jusqu’à Anvers. De l’achat (800 euros) d’un Visa contrefait grâce à la collaboration d’employés locaux des consulats européens (notamment tchèques et allemands) au passage par la Russie entre les mains de trafiquants Mongols qui se relaient tout le long du trajet. La destination est souvent la république tchèque, où les Mongols sont employés au noir dans les usines et les campagnes. La communauté mongole importante et invisible qui s’est formée en Belgique attire ensuite ceux qui sont déçus par le «rêve» tchèque. A Anvers, certaines personnes sont aux mains de «gangs» mongols qui les forcent à voler dans les magasins ou à être pickpockets. D’autres ont plus de chance et plusieurs personnes ont témoigné avoir été domestiques dans des riches familles anversoises. Le tarif semble être de 800 euros par mois et les conditions de travail correctes. Notre service a donc été plus que satisfait de la mission et des enseignements tirés. Une meilleure connaissance des conditions réelles à Ulaan Baator nous permettra d’adapter notre programme et notre conseil aux migrants en Belgique. La collaboration structurelle continuera en 2010 avec la Caritas Mongolie, qui sera présente à Bruxelles lors de la traditionnelle semaine des partenaires internationaux. 04.09.2009
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