Les demandeurs d’asile accueillis par Caritas International bénéficient d’un suivi psychosocial et administratif intensif. En outre, étant hébergés en logement individuel durant toute leur procédure, ils acquièrent rapidement l’autonomie nécessaire à leur intégration. Par conséquent, lorsqu’ils doivent quitter nos logements - après obtention d’un statut – ils sont généralement assez outillés pour voler de leurs propres ailes. Ce n’est malheureusement pas souvent le cas des réfugiés reconnus en centres fermés. Partant de ce constat, Caritas International a donc initié un projet spécifique : une Cellule Intégration accompagne désormais ces « nouveaux » réfugiés dans leur parcours d’intégration… Vaste programme puisque la détention en centre fermé ne permet pas au migrant de prendre ses repères dans la société belge (pratiquement aucun contact avec l’extérieur), qu’elle génère un stress considérable (situation de quitte ou double : obtention d’un statut ou refoulement immédiat) et que les décisions positives y interviennent très rapidement (de quelques jours à un mois en général). Les membres de cette nouvelle équipe nous expliquent les différentes phases du programme : « C’est devenu systématique, dès qu’un réfugié obtient un statut dans un centre fermé, nous sommes contactés. A partir de là, les minutes sont comptées car il n’a que 4 heures pour quitter le centre. Et lui trouver pour le soir même un hébergement n’est pas toujours évident. Heureusement nous pouvons généralement compter sur la collaboration fructueuse mise en place avec trois congrégations religieuses accueillant chacune un public différent : les Sœurs Dominicaines de la Communauté “Béthel” hébergent les femmes (seules ou avec enfants), la Communauté Internationale St-Dominique accueille les hommes tandis que la communauté « De Brug » à Lier met à disposition deux petites maisons pour les familles. Ce premier accueil chaleureux est bénéfique pour ces réfugiés qui conservent parfois des séquelles psychologiques de leur passage en centre fermé et gardent encore à l’esprit les traumatismes subis dans le pays d’origine. Il est donc extrêmement salutaire pour eux de se retrouver dans un environnement où ils seront entourés et écoutés et où ils pourront faire calmement le point sur leur nouvelle situation. » Le logement comme point de départ Pour la Cellule Intégration, la recherche d’un logement définitif devient ensuite la priorité n°1 car de l’inscription à la commune découlent tous les autres droits : « Dans le cas de nos bénéficiaires, trouver un logement ne signifie pas seulement pouvoir s’installer chez soi mais bien avoir un domicile leur permettant de se mettre en règle avec la mutuelle et le CPAS, d’inscrire les enfants à l’école, de démarrer une formation… Autant d’éléments qui seront les premiers fondements de leur intégration. Nous les épaulons dans toutes leurs démarches et nous les mettons en contact avec les associations qui proposent des meubles et des vêtements à prix modiques ou qui distribuent des colis alimentaires. Ceux qui s’installent en Wallonie ou à Bruxelles sont aiguillés vers des cours de langue, d’orientation sociale ou des formations tandis qu’en Flandre, ils suivent le parcours d’Inburgering. Les problèmes pratiques sont également traités : récemment, nous avons organisé une séance d’info collective afin d’expliquer de manière ludique comment économiser l’énergie et trier les déchets. » Les réfugiés bénéficieront ensuite d’un accompagnement personnalisé durant environ deux ans. Le suivi intensif des 6 premiers mois fera rapidement place à une aide plus sporadique et à la demande puisque l’objectif est d’amener progressivement la personne vers l’autonomie : « L’important pour nos bénéficiaires est d’avoir toujours une personne de référence qui puisse la diriger vers le bon contact ou l’institution adéquate. Parfois même ils ont simplement besoin de quelqu’un à qui parler. Notre rôle est donc très divers : à la fois partenaire, intermédiaire et quelquefois même confident. L’essentiel étant qu’au final, ils aient en main les bonnes clefs pour réussir leur intégration ».
Plus d’informations : integratie(at)caritasint.be Lisez également le témoignage d’Espérance, jeune réfugiée congolaise suivie par la Cellule Intégration. |