Appelons la Sylvie. Elle a 16 ans. Il y a deux ans, elle vivait encore au Cameroun. Aujourd’hui, elle est une des adolescentes confiées à l’un de nos tuteurs, Thomas. Sylvie est "une mineure étrangère non accompagnée". Comme la plupart de ces jeunes, elle a quitté son pays qui ne pouvait lui assurer aucun avenir. « Mes parents m’ont vendu quand j’avais 14 ans à une chefferie pour devenir une des nombreuses femmes d’un chef de village. » Sylvie a été violée et a décidé ensuite de fuir son pays. Un passeur l’a prise en charge et elle est arrivée à l’aéroport de Zaventem. Le Service des Tutelles désigne un tuteur Intercepté à l’aéroport de Zaventem sans passeport par la police des frontières, elle est orientée vers le centre fermé de Steenokkerzeel. Elle y réside une semaine. Pendant son séjour au centre fermé, elle introduit une demande d’asile (première interview avec l’Office des Etrangers) et le Service des Tutelles (fait partie du Ministère de la Justice), qui est prévenu par la police de Zaventem, se charge de trouver un tuteur pour Sylvie. Un tuteur provisoire est désigné jusqu’à ce qu’un examen osseux confirme et certifie la minorité de Sylvie. La Chambre du Conseil libère Sylvie après avoir obtenu la preuve qu’une place est libre dans un des centres d’accueil de Fedasil. Sylvie peut donc quitter le centre fermé. Hébergement dans un centre d’accueil Sylvie est placé dans un centre d’accueil Fedasil près d’Anvers et son tuteur l’inscrit dans une école néerlandophone. Elle est insérée dans un programme scolaire pour primo arrivants et apprend très vite le néerlandais. Après quelques mois, le Service des Tutelles démet le tuteur de ses fonctions parce qu’il y aurait eu des conflits d’intérêts. Thomas, un de nos tuteurs, est alors désigné pour reprendre le dossier de Sylvie. Caritas International prend en charge le mineur Thomas travaille comme tuteur chez Caritas International depuis plus d’un an. Il nous raconte : "Notre tâche en tant que tuteur n’est pas seulement d’accompagner le mineur tout au long des démarches administratives, mais d’appréhender chaque jeune dans sa globalité. Cela passe avant tout par l’écoute et la disponibilité. Nous tissons des véritables liens de confiance avec eux". Très vite, Thomas consulte l'avocat en charge du dossier et reprend les démarches liées à sa procédure de demande d'asile. L'Office des Etrangers donne une réponse négative quant à la recevabilité de sa demande. Thomas introduit un recours auprès du CGRA (Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides). Sylvie obtient une réponse positive par rapport à la recevabilité de la procédure. Les autorités belges acceptent donc qu'elle séjourne temporairement sur le territoire belge. L'examen au fond permet à Sylvie d'expliquer sa demande d'asile en détail lors d'une audition avec le CGRA. Après l'interview, le CGRA évalue la crédibilité du récit et vérifie les déclarations. Une fois de plus, la réponse est négative. Sylvie décide alors avec l’appui de Thomas et de son avocat d’introduire un recours au CPRR (Commission Permanente de Recours des Réfugiés). Aujourd’hui, Sylvie attend la décision de la Commission. Si celle-ci est négative, elle devra quitter la Belgique lorsqu’elle aura atteint 18 ans. Espérons que les connaissances et l’expérience acquises entre temps puissent lui servir dans ses choix futurs ! Dans le meilleur des cas, Sylvie obtiendra le statut de réfugiée et pourra rester en Belgique. |