JOURNEE MONDIALE DU MIGRANT ET DU REFUGIE

FAIRE DE LA MIGRATION UN CHOIX PLUTOT QU’UNE NECESSITE


 Ils parcourent des déserts au Mexique, escaladent et franchissent les montages de l'Himalaya ou quittent l’Afrique entassés dans de frêles embarcations. Ils abandonnent tout, prennent le risque de l’exclusion et de la pauvreté, loin de leur foyer, dans le seul espoir d’un avenir meilleur pour eux et pour leur famille. Mais, généralement, ils migrent car il ne leur reste plus aucune autre alternative...

« L’Histoire a démontré que l’Homme a toujours été un migrant et il continuera sans doute de l’être, mais Caritas souhaite que le choix de quitter son pays puisse se faire délibérément et sans contrainte » déclare Martina Liebsch, coordinatrice en charge de la migration pour Caritas Internationalis. Le manque d'opportunité dans leur propre pays contraint de nombreux hommes et femmes à chercher du travail loin de chez eux, d’autres encore le font pour fuir la guerre ou la pauvreté, essayant ensuite de venir en aide financièrement à leurs proches restés au pays.

Un parcours semé d’embuches


Les migrants peuvent faire face à d’importantes difficultés durant leur parcours : exploitation par des trafiquants, chômage, précarité, non respect de leurs droits... Ils subissent également la pression de la nécessité de réussite (qui justifierait leur choix de migration) et le fardeau de devoir gagner suffisamment d’argent pour subvenir aux besoins de ceux restés au pays.

Le thème de la migration est cher aux 163 organisations membres du réseau Caritas et ce d’autant plus que, pour la plupart, elles sont elles-mêmes pays d’origine ou d’accueil de nombreux migrants.

En Belgique, Caritas International aide et conseille les migrants, qui se retrouvent parfois seuls dans un pays dont ils ne comprennent même pas la langue. Ce soutien peut prendre diverses formes : accompagnement social et juridique, accueil des candidats réfugiés dans des logements unifamiliaux, tutelle des MENA (Mineurs Non Accompagnés) ou bien encore la prise en charge de l’organisation du retour volontaire au pays.

Partout dans le monde, le réseau Caritas souhaite également sensibiliser les gouvernements et les communautés des pays d’accueil aux avantages et à la nécessité de l’intégration, puisque celle-ci est immédiatement dépendante de la volonté des personnes et de la détermination politique d’un pays. Caritas plaide aussi pour des filières légales de migration. En outre, dans le cadre de ses projets de retour volontaire et de réintégration durable, Caritas s’assure que les migrants qui souhaitent retourner dans leur pays y soient correctement préparés et qu’ils puissent, une fois sur place, bénéficier d’un appui par le biais de ses partenaires locaux.

Et dans le futur ?

Le climat économique morose actuel risque également de compliquer la situation des migrants. En effet, l’accroissement du chômage intensifiera la concurrence sur le marché du travail, même pour des emplois à « bas salaire », jusqu’alors occupés par des migrants. Cela pourrait engendrer un malaise social pouvant conduire à un phénomène de xénophobie envers eux. La baisse des taux de change, quant à elle, aura pour conséquence une diminution des sommes d’argent qu’ils pourront encore envoyer à leur famille.

D’autre part, les effets des changements climatiques augmenteront encore le nombre de personnes qui abandonnent leur pays en quête de nourriture, d’argent ou d’un logement stable. Certaines estimations indiquent que d’ici 2050, quelques 150 millions de personnes deviendront « des réfugiés du changement climatique », ce qui démontre bien le lien inextricable qui existe entre migration et développement (notamment en matière de prévention des catastrophes).

Dans ce contexte où de plus en plus de populations seront tentées par la migration, Caritas compte poursuivre son travail dans des secteurs tels que : changement climatique, paix et réconciliation, urgence, justice économique et, naturellement, migration. C’est de cette manière que nous entendons venir à bout de cette « migration forcée » qui oblige les populations à abandonner foyer et patrie par manque d’opportunité dans leur pays, suite aux conséquences climatiques ou pour des raisons économiques. Nous poursuivrons donc conjointement nos projets de migration et de développement dans l’espoir qu’un jour la décision de migrer relève enfin d’un véritable choix et non d’une contrainte.



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