Livre et expo photos

"Mon hier est ailleurs"

Au cours de l'année écoulée, les tuteurs de Caritas International ont collaboré avec Catherine Vuylsteke, écrivain et journaliste du quotidien De Morgen (www.catherinevuylsteke.com), et avec le collectif de photographes Nadaar (www.nadaar.be) pour dresser le portrait, au propre comme au figuré, de huit jeunes MENA.

Huit jeunes, huit pays d'origine, huit destins différents mis en lumière de façon artistique par huit photographes et dont les récits de vie sont réunis dans un magnifique ouvrage. Voilà ce que nous proposent la journaliste et écrivain, Catherine Vuylsteke et les photographes du collectif Nadaar (Eric de Mildt, Tim Dirven, Nick Hannes, Jan Locus, Dieter Telemans) rejoints pour l'occasion par 3 autres photographes (Alain Schroeder, Loïc Delvaulx, Bieke Depoorter). Le livre, disponible dès à présent en librairie, sera en outre présenté sous la forme d'une exposition photo, à découvrir jusqu'au 29 janvier au Musée BELvue (Place des Palais, 7 - 1000 Bruxelles - entrée libre).


Interview de Catherine Vuylsteke


# Qu'est-ce qui vous a autant inspirée à lancer un projet à propos des Mineurs Etrangers Non Accompagnés (MENA) ?

Ces dernières années, le thème de la migration et de l'asile a fait couler beaucoup d'encre. Ca a été le cas parce que, je pense, c'est justement un des problèmes les plus importants de notre époque. Par ailleurs, il est très frappant de constater le peu d'attention portée à l'égard des MENA alors que leur situation est, à bien des égards, bien plus poignante que celle des adultes migrants. En effet, dans beaucoup de cas, ils n'ont pas décidé eux-mêmes de quitter leur pays. La famille, le destin,... ont pris la décision à leur place. Par ailleurs, étant des enfants, ils sont particulièrement vulnérables et n'ont pas de voix pour se faire entendre. Je trouve qu'il est très important de leur donner une voix, sans devoir les représenter soi-même. Leurs histoires, inscrites dans le temps, que j'essaie de reprendre aussi fidèlement que possible, me semblent être importantes à raconter. C'est en tout cas très important pour moi, c'est pourquoi je travaille maintenant avec Hanne Phlypo, avec qui j'ai réalisé Silent Stories, un documentaire traitant du sujet.

# Pourquoi avoir choisi d'évoluer autour d'histoires et de photos?

Afin de rendre l'indentification du lecteur/spectateur possible, il faut mettre un visage sur le personnage. Il/elle doit vraiment exister, d'où la décision de travailler ensemble avec le collectif de photographes Nadaar et quelques collègues invités, ainsi que de faire une exposition. Ce n'est pas un hasard si l'exposition prend place au Musée bruxellois BELvue: ces personnages exposés dans le coeur de Bruxelles et de l'Europe, et dans un palais royal tellement beau, je trouve cela très approprié. Surtout pour les jeunes qui sont normalement invisibles et condamnés à être discriminés par notre société.

# Quelle leçon tirez-vous de cette expérience pour laquelle, durant un an, vous avez été en contact avec ces jeunes?

Je suis très heureuse d'avoir passé une année scolaire entière avec eux, cela nous a donné la possibilité de bien se connaître et d'installer une relation de confiance. Cela a donné de la profondeur à leurs histoires. Le fait que la guerre, la violence familiale et le manque de perspectives les ont fait atterrir dans notre pays, rend bien sûr compte, dans de nombreuses situations, qu'ils portent le poids d'un lourd passé. Les traumatismes sont énormes. Mais ils ne se laissent pas aller. J'admire vraiment ces jeunes pour leur persévérance, leur courage et leur esprit batailleur. Ils se battent dur pour avoir un bon avenir et cela me fait peur pour eux.



Plus d'infos:
www.catherinevuylsteke.com/
www.nadaar.com/
www.belvue.be/

 

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