24.11.2009 - Le 18 novembre, 5 ONG, dont Caritas International, avaient installé un camp pour protester contre le manque de places d’accueil pour demandeurs d’asile. Depuis, le gouvernement a décidé la création de 400 nouvelles places temporaires. Un pas dans la bonne direction même s’il ne s’agit pas encore d’une solution définitive. Estimant que c’est à présent à Fedasil de prendre ses responsabilités, les 5 ONG ont donc levé le camp symbolique ce lundi 23 novembre. Le réseau d’accueil des demandeurs d’asile est totalement saturé et les conséquences humaines sont dramatiques. Depuis plusieurs mois déjà, les nouveaux demandeurs sont renvoyés vers des accueils d’urgence et en octobre, la situation est devenue carrément insupportable. Faute de place, des dizaines de demandeurs d’asile étaient renvoyés chaque jour à la rue. Pourtant, selon une loi de 2007, les candidats venus demander l’asile dans notre pays, ont droit à l’aide matérielle, incluant l’hébergement et l’accompagnement social et juridique pendant la durée de leur procédure d’asile. Les cinq ONG, estimant qu’il était inacceptable que des familles avec enfants, femmes enceintes ou personnes souffrant de problèmes médicaux doivent passer leurs nuits en rue se sont donc mobilisées pour donner un visage au problème. C’est ainsi que nous nous sommes associés à nos organisations coupoles, le CIRE et Vluchtelingenwerk et à Médecins Sans Frontières et Médecins du Monde pour ériger ensemble un camp de réfugiés dans le parc Gaucheret entre les buildings du quartier Nord. Le campement pouvait accueillir une cinquantaine de demandeurs d’asile. La sélection se faisait quotidiennement sur base de critères précis et donnait la préférence aux plus vulnérables. Au total, 250 nuitées ont ainsi été offertes à des demandeurs d’asile venus de Guinée, RD Congo, Afghanistan, Arménie, Kosovo, etc. Caritas International distribuait aux personnes hébergées le petit déjeuner ainsi que soupe et pain le soir. Ces repas étaient préparés et distribués bénévolement par le personnel de Caritas. La solidarité des riverains et du public en général était extrêmement réconfortante. Certains d’entre eux proposèrent spontanément leur aide, ou apportèrent des vêtements, des jouets ou des friandises. Caritas International proposait également un accompagnement social aux demandeurs d’asile qui se présentaient au camp. Leur situation était bien souvent déchirante. Un sur trois d’entre eux n’avait aucun accès aux soins médicaux. Certaines familles avec de très petits enfants dormaient déjà depuis plusieurs semaines en rue ou dans les gares, dans des conditions extrêmement précaires et sans nourriture adaptée. Pour nos assistants sociaux, assurer l’accompagnement social dans ce contexte était fort difficile et devait parfois se limiter à une écoute attentive. Ce qui était évidemment frustrant pour les deux parties. Ce vendredi 20 novembre, le Conseil des Ministres est parvenu à un accord pour la création de 400 nouvelles places d’accueil temporaires d’ici au 1er décembre. L’action menée par les ONG a eu le mérite de remettre le problème à l’ordre du jour et aura permis de dégager de nouvelles solutions. Les ONG, ayant déclaré depuis le départ que l’accueil dans le camp ne pouvait être qu’une action symbolique temporaire, ont finalement décidé de lever le camp ce lundi 23 novembre. Les personnes ayant passé la nuit de dimanche à lundi dans le campement ont été installées par Fedasil dans des structures d’urgence. La balle est à présent dans le camp du gouvernement. Hier soir, 50 demandeurs d’asile se retrouvaient à nouveau à la rue sans hébergement pour la nuit. Caritas International et les autres organisations impliquées suivront de près l’évolution du dossier en continuant à exercer des pressions pour que les promesses du gouvernement se concrétisent. De nouvelles initiatives ne sont donc pas à exclure. © Bruno De Cock Photos - Vidéo
DEMANDEURS D’ASILE : UN PREMIER PAS DANS LA BONNE DIRECTION, MAIS BEAUCOUP RESTE A FAIRE 20.11.2009 - L’accord conclu au Conseil des ministres de ce jour sur le dossier des demandeurs d’asile ne constitue pas une solution suffisante pour assurer l’accueil immédiat des personnes pendant l’examen de leur dossier. Néanmoins, les mesures annoncées sont un premier pas dans la bonne direction et témoignent du fait que le gouvernement a repris le dossier en main. La décision prise pour les places supplémentaires est un pas dans la bonne direction, mais le nombre de places est insuffisant et nous n’avons aucune garantie que ces places seront disponibles à très court terme. « Cet accord démontre que le gouvernement a enfin pris la mesure de l’urgence de la situation dans laquelle se trouvent les demandeurs d’asile aujourd’hui. Nous regrettons néanmoins d’avoir dû recourir au montage d’un camp de réfugiés pour provoquer cette réaction », affirment les ONG. « Par ailleurs, nous restons prudents : au-delà de l’effet d’annonce, le gouvernement doit assurer un logement adapté et immédiat aux demandeurs d’asile qui sont dans la rue aujourd’hui, mais également à ceux qui introduiront une demande dans le futur. » Ces dernières semaines, plus d’un millier de demandeurs d’asile se sont vus refuser une affectation de logement faute de places pour les accueillir, et d’autres continuent à arriver. Les mesures annoncées doivent donc être mises en oeuvre dans les plus brefs délais car de nombreux demandeurs d’asile dorment toujours à la rue. Les ONG ont donc décidé de maintenir le camp ouvert, le temps d'examiner plus concrètement les mesures prises aujourd'hui par le gouvernement, et prennent acte de la déclaration du gouvernement qui s’engage à poursuivre l’analyse de pistes complémentaires. Une rencontre avec le Secrétaire d’Etat à l’Intégration sociale, Philippe Courard, est indispensable immédiatement afin qu’il nous informe sur les détails des mesures et qu’il nous présente son plan d’action pour résoudre cette crise. PAS DE PROMESSES, DES ACTES CONCRETS ET IMMEDIATS ! 19.11.2009 - Ce soir, des demandeurs d'asile s'apprêtent, à nouveau, à passer la nuit dans le camp de réfugiés de Bruxelles dressé hier matin par cinq ONG. Mis devant ses responsabilités, le gouvernement évoque des pistes d'hébergement. Mais pour les ONG, le nombre de places proposé n’est pas suffisant, et la proposition n’est pas suffisamment concrète. Elle ne permettra pas de loger immédiatement l’ensemble des demandeurs d’asile pendant l’examen de leur dossier. Le camp de réfugiés ouvert hier, dans le parc Gaucheret à Schaerbeek, par cinq ONG – le CIRÉ, Vluchtelingenwerk Vlaanderen, Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde et Caritas International - a rouvert ses portes aujourd’hui à 15 heures pour héberger des demandeurs d’asile une seconde nuit. Hier, déjà, une cinquantaine de demandeurs d'asile y ont logé, ont reçu un repas et ont pu bénéficier d'un accompagnement social, juridique et médical. Les ONG initiatrices de ce camp ont demandé au gouvernement de mettre à disposition immédiatement des bâtiments libres, afin d'accueillir de manière digne tous les demandeurs d'asile qui ne se sont pas vus désigner de places d'accueil. Pour rappel, plus de 1.000 personnes sont dans cette situation actuellement. Pour les ONG, les propositions mises sur la table jusqu’à présent ne répondent toujours pas aux besoins identifiés. "Nous demandons que la réunion du conseil de ministres de demain, vendredi, débouche sur un accord proposant des mesures immédiates et très concrètes. Ce qui pour nous signifie un nombre suffisant de places via un accord clair sur des sites et des garanties sur l'ouverture immédiate de ces places d'accueil. Les ministres ayant des bâtiments dans leur compétence doivent marquer clairement leur accord de principe sur des sites supplémentaires au-delà de ce qui a été décidé en kern", expliquent les ONG. La solution apportée par le gouvernement doit garantir la prise en charge de l’ensemble des demandeurs d’asile afin qu’aucun d’entre eux ne se retrouve à la rue pendant l’examen de leur dossier. CINQ ONG OUVRENT UN CAMP DE REFUGIES AU CŒUR DE BRUXELLES 18.11.2009 - Face au manque de mesures concrètes, cinq ONG (CIRÉ, Vluchtelingenwerk Vlaanderen, Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde et Caritas International) n'ont d'autres choix que de mettre à exécution leur projet de camp de réfugiés au coeur de Bruxelles pour prendre en charge les demandeurs d'asile. « Les jours et les nuits passent, et à ce jour, aucune assurance n'a été donnée pour permettre la prise en charge des personnes qui sont quotidiennement renvoyées à la rue par manque de capacités d'accueil », expliquent les ONG concernées. Des abris sous tentes seront montés ce mercredi 18 novembre à partir de 6 heures du matin au Parc Gaucheret à 1030 Bruxelles. Concrètement, c'est à cette heure que devrait débuter le montage de douze tentes familiales et trois tentes dispensaires afin de fournir aux plus vulnérables de ces demandeurs d'asile, en plus d'un abri pour la nuit, un accès aux soins de santé, une assistance juridique et sociale et de la nourriture. Vendredi dernier, les cinq ONG avaient appelé les Ministres compétents à cesser de se renvoyer la responsabilité et à trouver immédiatement une solution acceptable pour abriter les demandeurs d'asile pendant l'examen de leur dossier. Mais à ce jour, aucune mesure concrète n'est intervenue. La Belgique, comme l'ensemble des Etats membres de l'Union européenne, a le devoir de fournir un abri aux hommes, femmes et enfants qui viennent y demander l'asile légalement. Nombre d'entre eux proviennent en effet de pays en guerre ou en conflits armés. Depuis des mois, la crise de l'accueil des demandeurs d'asile persiste et s'aggrave. A ce jour, plus de 1000 demandeurs d'asile se retrouvent sans place d'accueil et sont envoyés à la rue, à l'approche de l'hiver. Le camp mis en place par les ONG ne constitue pas la solution idéale et doit rester temporaire. Et ce ne sera malheureusement pas suffisant pour accueillir tout le monde. Il ne peut en aucun cas représenter une alternative durable aux carences d'un Etat qui, en plus d'en avoir l'obligation, dispose des moyens nécessaires pour accueillir ces personnes de manière digne et adaptée. Les ONG demandent au gouvernement de mettre à disposition immédiatement des bâtiments libres, afin d'accueillir de manière digne tous les demandeurs d'asile qui ne se sont pas vus désigner de places d'accueil. Communiqué de presse 13.11.2009 |