UN TIERS DES CHRETIENS FUIENT MOSSOUL (IRAK)

CARITAS DEBLOQUE 90.000 EUROS


22/10/08 - Caritas va consacrer 90.000 euros pour venir en aide aux familles chrétiennes qui ont du fuir Mossoul ces derniers jours. D’après diverses sources les violences envers les chrétiens se poursuivent sans répit.

Cette semaine, lors du Synode des Evêques, le Cardinal Emmanuel III Delly, patriarche des chaldéens en Irak, décrivait encore son pays en ces termes : un lieu « torturé et sanglant », le qualifiant même de « Montagne du Calvaire ».

D’après Caritas International, les deux tiers des réfugiés sont des enfants et des personnes âgées. Beaucoup se sont abrités chez des membres de leur famille des alentours de Mossoul ou dans des bâtiments publics tels que des administrations communales, des églises, des écoles et des halls sportifs. Caritas Irak et sa partenaire CAPNI ont distribué aux réfugiés des vivres, du matériel de cuisine, et des matelas. « Les besoins énormes et le manque d’abri nécessitent une intervention rapide. » Caritas gère actuellement en Irak 12 centres sociaux ainsi qu’un important projet pour des enfants sous-alimentés.


Eglise pratiquement déserte pendant la célébration de la messe (Irak)

Un nombre croissant de chrétiens fuient parce que pour eux le danger semble imminent, raconte un porte-parole. « Dans la rue des extrémistes exigent les pièces d’identité. Si la personne contrôlée s’avère être un chrétien, elle encourt le risque d’être fusillée. » D’après ce porte-parole, même en cas d’amélioration de la situation sécuritaire on peut s’attendre à ce que l’exode des chrétiens se poursuive : « Beaucoup de chrétiens voient ici leur seul salut dans la fuite. La question est de savoir s’ils y reviendront encore, puisqu’ils estiment la ville dangereuse pour les chrétiens. »

Deux mille familles ont donc fuit vers des villes et villages de la plaine Ninive, toute proche, ou vers Irbil, ou bien encore Dihok, ville située plus au Nord. Il est question d’environ 10.000 chrétiens sur un nombre total estimé à 30.000.

Les réfugiés sont accueillis dans des églises, des couvents, des écoles, des salles omnisport et dans leurs familles. Ils reçoivent également de l’aide du Ministère irakien des déplacements et de la migration sous la forme de matelas, couvertures, eau et vivres.

Les responsables de cette violence sont les extrémistes musulmans, qui veulent « purger » Mossoul de tous les chrétiens, yesidis – partisans d’une croyance kurde indigène mêlant des éléments de plusieurs religions – et autres non-musulmans. « Beaucoup de chrétiens ont reçu dans leur boîte aux lettres un courrier les sommant de quitter la ville dans les 24 heures ».

La plupart des sources affirment qu’il y a eu jusqu’à présent 15 meurtres. Ce sont surtout les hommes qui en sont la cible. Mais un jeune garçon de quinze ans qui jouait dans la rue avec ses amis musulmans a également été tué.

Partout dans le monde pourtant, des voix réclamaient plus d’attention pour cette vague de violence naissante dans le pays, qui avait déjà été ressentie par les Américains et les Britanniques en 2003. Car c’est bien depuis cette période que les chrétiens en souffrent. Ils sont devenus les ennemis communs des chiites et des sunnites, deux groupes musulmans qui s’affrontent également.

Au cours d’une concertation entre les dirigeants chrétiens et musulmans en Angleterre – dont faisaient partie Rowan Williams, dirigeant de l’Eglise anglicane, le grand Mufti d’Egypte et le patriarche grec-orthodoxe d'Alexandrie et de Jérusalem – l’expulsion des chrétiens de Mossoul a été condamnée. « Cette menace mine la tradition séculaire de protection de la minorité chrétienne par les musulmans locaux au sein de leur ville » d’après la déclaration.

Les responsables religieux affirment également ne trouver, ni dans le christianisme, ni dans l’islam, aucune légitimation à cette violence qui règne actuellement dans certaines parties de l’Irak. « Nous lançons un appel aux dirigeants religieux et politiques pour qu’ils mettent tout en œuvre pour permettre le retour au pays des populations qui ont fui, en ce compris les communautés chrétiennes ancestrales ».

 

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