Plus de 200.000 personnes ont été forcées de quitter leur maison dans le nord et le nord-est du pays. Un désastre humanitaire est à craindre. Le réseau Caritas est impliqué dans des projets de reconstruction après le tsunami qui a ravagé le pays, mais certains de ces projets ont dû être suspendus en raison de la violence des combats actuels. Au cours des deux dernières semaines, Batticaloa a vu un afflux de 10.000 familles. 40.000 personnes vivant dans des zones de conflit ont également dû fuir. Caritas Sri Lanka fournit des vivres, des vêtements, des couvertures, des abris et des produits de première nécessité aux personnes qui ont dû fuir suite aux combats. Les Caritas de Batticaloa, de la péninsule de Jaffna et de la région de Valuthayam-Mannar constituent des stocks en vue d'une agravation de la situation. Selon le réseau Caritas 'une 'solution' militaire ne peut qu'accentuer les effets dévastateurs d'une guerre qui dure depuis 25 ans. Le Père Damian Fernando, directeur de Caritas Sri Lanka, était chez Caritas Internationalis la semaine dernière pour participer aux réunions dont le thème était la paix et la réconciliation. Voici son témoignage: Quelle est la situation actuelle au Sri Lanka ? DF: "La situation est très explosive. Le gouvernement semble avoir opté pour l'offensive et cherche une solution militaire au conflit. Le pays est au bord de la guerre." "Il y a divers groupes paramilitaires qui sont actifs, et le nombre de meurtres et de disparitions s'accroît dangereusement. Dans ces conditions, quelle est l'action de Caritas? Les parties au conflit, ne risquent-elles pas de penser que vous prenez partie pour l'un ou l'autre camp? DF: "Le gouvernement et le LTTE nous considèrent comme une organisation neutre. Ils acceptent la présence de Caritas et notre travail". "Dans le nord, dans la péninsule de Jaffna, nous fournissons l'aide humanitaire aux gens qui ont dû abandonner leur maison suite au conflit. Le gouvernement ayant fermé ce secteur, le déplacement des personnes se trouve fortement limité ". "Mais le gouvernement et les rebelles nous permettent de voyager librement, parce qu'ils reconnaissent notre travail. Nous distribuons de la nourriture et des produits non alimentaires. Nous apportons aussi un appui éducatif". Quel est le rôle du réseau Caritas dans la promotion de la paix ? DF: "Etant donné que nous sommes neutre dans ce conflit, nous participons aux discussions entre les différents antagonistes: le gouvernement, le LTTE et le 'Buddhist People's Liberation Front' dans le but de promouvoir la paix". Quel est l'impact du conflit sur la reconstruction post-tsunami de Caritas? DF: "Suite à cette situation, les activités de reconstruction post-tsunami ont considérablement été ralenties, voire suspendues dans cette région, du fait de l'inaccessibilité des sites et de la pénurie de matériaux. Néanmoins, le mois dernier 120 familles ont pris possession de leur maison". |