Haiti

Impliquer les populations locales dans la phase de réhabilitation


 09/04/10 - Selon Caritas Internationalis, les Haïtiens doivent participer à la réhabilitation à court et long terme du pays. Le 12 janvier, le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental a été touché par un tremblement de terre dévastateur qui a coûté la vie à plus de 230.000 personnes. 300.000 habitants ont été blessés. Trois mois après la catastrophe, alors que débute la saison des pluies, 1,2 million de personnes sont toujours sans-abri et beaucoup d’entre elles vivent dans des camps. 60% de la capitale, Port-au-Prince, a été détruit. Les dégâts matériels totaux s’élèvent à plusieurs milliards d’euros.

Plan de réhabilitation international

Le 31 mars, à New York, lors d’une conférence internationale des donateurs présidée par les Nations Unies et les Etats-Unis, les 60 pays participants ont promis de débloquer 3,9 milliards d’euros (soit bien plus que les 2,8 milliards d’euros attendus) destinés à la première phase de réhabilitation à court terme en Haïti. Mais selon Ban Ki-Moon, secrétaire général des Nations Unies, à long terme (c’est-à-dire dans les 10 années à venir), au moins 8,5 milliards d’euros d’investissements étrangers seront nécessaires.

En collaboration avec les Nations Unies et la Banque Mondiale, le gouvernement haïtien a mis sur pied un plan de réhabilitation mettant principalement l’accent sur la réparation des routes, des ponts, des bâtiments (gouvernementaux), des ports, des aéroports, des hôpitaux et des écoles. Le plan prévoit également de soutenir l’agriculture (70% des Haïtiens sont de petits agriculteurs). Les autorités souhaitent également créer de nouveaux centres urbains, des entreprises et de nombreux emplois afin de réduire considérablement le nombre d’habitants à Port-au-Prince (où vivent 4 des 9 millions d’Haïtiens).

Mais les grandes ONG telles que Caritas Internationalis se tiennent sur leurs gardes et se posent de nombreuses questions : les pays donateurs verseront-ils réellement l’argent promis ? Est-ce vraiment raisonnable de confier la gestion et la dépense de cette somme importante aux autorités haïtiennes, souvent montrées du doigt pour des problèmes de corruption et d’inefficacité ? Comment veiller à ce que les gens qui en ont réellement besoin bénéficient de ces milliards d’euros provenant de l’étranger ? Les groupes les plus vulnérables de la société, parmi lesquels les femmes et les enfants, en bénéficieront-ils également ? La population haïtienne extrêmement pauvre y gagnera-t-elle ?

Des structures locales


 Caritas Internationalis affirme qu’Haïti a besoin de structures qui continueront à fonctionner, même après le départ de l’aide internationale. En ce moment, la priorité reste la distribution d’aide d’urgence directe telle que des vivres, un abri, des installations sanitaires et des soins médicaux afin d’atténuer l’énorme souffrance des habitants. Selon l’évêque Pierre Dumas, président de Caritas Haïti, son pays nécessite « un plan de relance efficace tenant compte de tous les aspects suivants : soins de santé, environnement, enseignement et emplois ainsi que des projets économiques à petite échelle ».

Bilan

Jusqu’à présent, Caritas Internationalis a dépensé plus que 10 millions d’euros pour aider la population haïtienne très affectée par le séisme. Les collaborateurs et les bénévoles ont distribué des colis de nourriture ou des repas chauds à près d’1,5 millions de personnes dans la capitale, Port-au-Prince, et dans 7 autres endroits. Sur le plan médical, Caritas a distribué des kits de santé, mis sur pied des dispensaires et administré les premiers soins de santé dans les 21 hôpitaux à 350.000 de survivants du séisme. 100.000 sans-abri ont reçu des bâches en plastique et des tentes afin de se construire un abri provisoire. Des kits d’hygiène et de l’eau potable (chaque jour 120.000 litres !) ont été distribués à plus de 200.000 Haïtiens. Enfin, des locaux adaptés ont été mis à la disposition de quelque 13.000 enfants, personnes âgées et handicapés afin qu’ils puissent se détendre, rencontrer des gens, suivre des cours, etc.

 

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