21.01.2010 – Les Nations Unies ont désigné Caritas Etats-Unis pour gérer un camp qui s’est formé au Pétion Country Club (terrain de golf). Jos de Voogd, attaché de presse de Caritas Pays-Bas, a assisté à une distribution de vivres. Il nous livre son témoignage. La journée commence de façon incertaine. Comme tous les jours, à vrai dire. Dans les locaux de la Caritas Haïti, où je séjourne, une réunion est organisée chaque jour à 17h00. Il s’agit bien souvent de réunions opérationnelles ou bien encore de comptes-rendus des événements de la journée écoulée et d’un résumé des actions à entreprendre le lendemain. Mais pour savoir ce qui va réellement se passer pendant une journée, il faut se présenter tôt le matin au bureau de CRS, notre partenaire Caritas des États-Unis. J’arrive au bon moment : nous allons procéder à une distribution. Sept camions transportant de la nourriture et de l’eau sont en chemin. Nous roulons vers le Pétion Country Club, un cadre luxueux entouré de courts de tennis et d’une piscine. Mais la piscine est à moitié vide et les soldats américains de la 82ème division aéroportée occupent les terrains de tennis. Ils ont fait du club de golf leur quartier général et ont sécurisé le terrain. Environ 25.000 personnes séjournent sur le terrain de golf et dans les environs. Nous allons leur distribuer des vivres. Jusqu’à présent, le réseau Caritas a organisé de petites distributions. Comme la sécurité n’est pas garantie, il a peur d’en organiser de plus importantes. Mais ici, il y a beaucoup de soldats, ce qui rend possible l’organisation de distributions à grande échelle. Dès son arrivée, le camion est rapidement déchargé par de nombreux soldats. Je pense qu’un millier de personnes se trouvent derrière le cordon et la ligne de soldats. La distribution se déroule de manière souple. Mais le groupe qui attend grandit et atteint rapidement 5.000 personnes. Et lorsque les soldats créent plusieurs ouvertures dans la ligne, les gens courent de l’une à l’autre. Une femme est transportée sur un brancard. Les soldats effectuent un travail formidable et contiennent bien la foule. Il est clair que cette assistance est la bienvenue. Les femmes arrivent au pas de course et ressortent de la file le visage ravi (par sécurité, il a été décidé que seules les femmes pouvaient participer aux distributions). Une fois approvisionnées en nourriture, en eau et en ustensiles de cuisine, elles retournent auprès de leur famille, dans les tentes provisoirement installées.
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