19/10/2010 - Endiguer l’épidémie de choléra à Haïti reste la principale priorité de Caritas Internationalis. Mais l’espoir de garder l’épidémie sous contrôle s’amenuise de jour en jour. D’après le Ministre haïtien de la Santé le choléra, apparu il y a environ 3 semaines dans la région du nord (Artibonite), aurait déjà fait plus de 1110 morts et infecté au moins 18.000 personnes, qui ont du être admises dans les hôpitaux. Le docteur Joost Butenop, conseiller médical de Caritas, n’est pas optimiste : « En réalité, le nombre de victimes du choléra est au moins 4 fois plus élevé. Dans des circonstances normales, le pourcentage de malades qui décèdent n’est que d’un pourcent, mais à Haïti ce nombre atteint les 6% ! Le plus grand obstacle pour le combattre est assez paradoxal : pour 80% des personnes touchées, la transmission de la maladie se fait de manière insidieuse car elles n’ont pas conscience d’être infectées. Les intéressés ne se sentent pas vraiment malades et propagent donc sans le savoir la bactérie du choléra à leur entourage. » 200.000 personnes menacées par le choléra L’ONU et le PAHO (Organisation panaméricaine de la santé) ont calculé qu’au cours des 12 prochains mois, environ 200.000 des presque 10 millions d’Haïtiens pourraient être contaminés. Le scénario le plus pessimiste prévoit que 5 à 6% d’entre eux pourraient en mourir, soit 10.000 morts ! Selon l’ONU, l’an prochain, la communauté internationale doit donc débloquer d’urgence 100 millions d’euros pour lutter contre l’épidémie. Jusqu’à présent, 6 des 10 provinces de l’île caribéenne sont atteintes. A Port-au-Prince et dans ses environs, la maladie se propage également, lentement mais sûrement. Les zones les plus touchées sont les bidonvilles et les centaines de camps de tentes en piteux état, où 1,3 million de sans-abris ont trouvé refuge après le séisme dévastateur du 12 février et où ils survivent dans des conditions sanitaires déplorables. « La propagation rapide de l’épidémie a épuisé la plupart de nos stocks de matériel humanitaire de premier secours : eau potable, vivres, médicaments et abris temporaires. Les infrastructures médicales et sanitaires (distribution d’eau) détruites par le tremblement de terre n’ont toujours pas été reconstruites. Caritas doit à présent mettre en place un pont aérien pour s’approvisionner en matériel de secours » précise Dolores Halpin-Bachmann, coordinatrice de l’équipe d’urgence locale de Caritas. « Chez Caritas pour le moment tout le monde est sur le pont. Nous sommes en pleine reconstruction du pays, après le séisme du début d’année, qui a exigé le lourd tribut d’un quart de million de morts, de centaines de milliers de sans-abris, d’immenses dégâts matériels et de souffrances humaines indicibles. Par ailleurs, la lutte de Caritas contre le choléra est rendue plus difficile encore par le récent ouragan Tomas, qui a causé d’importantes pluies. Des territoires entiers sont sous eau. Cette eau, bouillon de culture idéal pour la bactérie du choléra – coule à présent vers Port-au-Prince. ». Caritas continue à faire le maximum Ces derniers jours, les employés de Caritas ont construit une centaine de toilettes publiques dans la capitale haïtienne. Dans 7 camps de réfugiés ils ont installé des lavabos. Ici et là, ils ont mis en place des installations de purification d’eau. Ils ont également apporté l’aide d’urgence à environ 20.000 personnes sous forme d’eau potable, de vivres, de tablettes de purification d’eau, de savon, de médicaments, de kits pour l’hygiène personnelle, etc. Dans la ville portuaire des Gonaïves à l’ouest du pays, la plus durement touchée par l’ouragan Tomas, Caritas est extrêmement active. Des secouristes y ont évacué les enfants, ont distribué des bâches en plastique pour en faire des abris temporaires et ont offert du matériel de secours (entre autres des lits supplémentaires pour les patients atteints du choléra) aux 4 centres de santé de la ville. Caritas mène en Haïti une importante campagne de sensibilisation pour éviter que le choléra continue à se propager. L’organisation distribue des dépliants préconisant diverses précautions simples pour réduire le risque de propagation au maximum, par exemple : se laver régulièrement les mais avec du savon et bouillir l’eau et les aliments avant la cuisson. La très contagieuse bactérie du choléra se propage via les selles, l’eau contaminée ou les aliments avariés. Elle cause en quelques jours de graves diarrhées qui provoquent en un court laps de temps la déshydratation complète du corps pouvant mener jusqu’à la mort, si l’on n’intervient pas rapidement. La maladie est relativement facile à traiter : il suffit d’ingérer des quantités suffisantes de sel par voie orale ou intraveineuse pour stopper la déshydratation.
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