Le réseau Caritas fait un appel d'urgence pour ces réfugiés Tchadiens qui ont cherché refuge au Cameroun. Ces réfugiés se retrouvent actuellementdevant un choix difficile : retourner vers N'djamena, ou déménager vers le camp de Maltam, situé à 32 km plus loin. Photos: situation dans la région de Kousseri La semaine dernière, plus de 30.000 personnes ont fui vers le Cameroun après les combats dans et autour de N' djamena. La plupart d'entre eux ont trouvé accueil dans les quartiers de Makari, Kousseri et Logone Birni. Plus de 7.000 personnes dont des femmes et des enfants ont trouvé un abri dans les bâtiments de l'église locale à Kousseri. Actuellement il y reste encore 2.200 personnes. Les réfugiés attendent à l'extérieur leur retour vers le Tchad ou leur transfert vers un autre camp. Seulement les plus éprouvés d'entre eux, comme les personnes âgées et les enfants, dorment à l'intérieur. Beaucoup d'entre eux veulent bien retourner au Tchad, mais ont peur de ce que ils y trouveront. La situation, est-ell bien sécurisée? Auront-ils assez de nourriture pour leurs enfants ? "J'en ai assez de N'djamena", nous explique Anne qui a trouvé un abri dans le centre de santé de Kousseri. "Je suis venue ici pour que mes enfants soient en sécurité. J'ai eu très peur. La violence ne cesse pas. Je ne sais pas encore ce que je vais faire : retourner ou rester ici". Pour Esther aussi, l'avenir est un grand point d'interrogation. Elle réside à l'école catholique. Elle a perdu son mari lors des combats. "Je suis une veuve avec 4 enfants. Que puis-je faire ? J'ai perdu les moyens d'existence de mon époux". Elizabeth, sa belle-soeur, veut bien retourner à N' djamena, mais elle n'a plus de maison. "La maison de mes voisins a été ravagée par les bombardements et la mienne aussi", explique-t- elle. "Je n'ai plus rien". Depuis qu'elle est venue au Cameroun, elle n'a plus de nouvelles de son mari. Aide du réseau Caritas Dés le début, les équipes du réseau Caritas ont assisté les réfugiés en leur distribuant du riz, de la farine, de l'eau potable, du savon, des moustiquaires, des ustensiles de cuisine et leur assure une aide médicale. Le réseau a fait un appel pour de l'aide d'urgence. 115.000 euros sont nécessaires pour l'accueil (hangars, protections), les latrines, les médicaments, la nourriture et les fournitures de base (couvertures, matelas, kits d'hygiène). Caritas veut aussi aider les réfugiés qui résident chez des amis ou leur famille à Kousseri, ainsi que les familles d'accueil. L'organisation de l'aide humanitaire dans les centres d'accueil n'est pas facile. La tension y est sensible. Les réfugiés qui ont trouvé accueil en ville, les gens qui passent la nuit en plein air et la population locale sont difficile à discemer. Régulièrement il y a des échauffourées après la distribution des vivres. Un camp à Maltam doit apporter une meilleure organisation. Se réfugier à Maltam ou rester ? Pour coordonner l'assistance, le HCR a installé un camp de réfugiés à Maltam, à 32 km de Kousseri afin que les réfugiés y soient accueillis dans des conditions décentes ; mais la plupart des personnes trouvent que le camp est trop éloigné. "Nous leur avons expliqué qu'ils doivent se laisser enregistrer en tant que réfugiés et aller vers Maltam", nous raconte Gilbert, un bénévole de Caritas Cameroun. "Mais la plupart des gens préfèrent rester ici. Beaucoup d'entre eux retournent vers N'djamena pendant la journée mais ils rentrent à Kousseri le soir. Pour eux, c'est impossible d'aller à Maltam, c'est trop loin. Pour ces gens-là, on doit continuer à distribuer de l'aide ici à Kousseri". Foto: Caritas Kameroen 18.02.2008 |