Tchad

Camp de Kounoungou: témoignages

Malgré des vols à répétition, une insécurité grandissante et angoissante pour les humanitaires travaillant dans les camps de réfugiés du Darfour à l'est du Tchad, Secadev, Caritas Tchad poursuit sa gestion du camp de Kounoungou, situé près de Guéréda au nord-est est d'Abéché. Environ 12.000 réfugiés, soit 3.000 familles, ont été approvisionnés de manière équitable en denrée de première nécessité, de manière à couvrir autant que possible les besoins du foyer pour un mois...

Dans les rangs des bénéficiaires, Haoua Ali Issa, arrivée fin 2004 à Kounoungou avec ses quatre enfants. Elle prend possession de ses rations: sel, blé, haricots et farine. Sucre et huile sont en rupture, il lui faut donc patienter encore un peu que le réapprovisionnement soit arrivé pour rejoindre sa zone C1. "De toute façon, reconnaît-elle, il y a toujours un problème de quantité avec le sucre, l'huile et le sel. Les rations distribuées ne permettent pas d'arriver à la fin du mois."

Alors elle s'arrange pour gagner un peu d'argent entre deux distributions et faire ainsi la soudure. Elle part bientôt travailler dans les champs, puisque c'est en ce moment la saison des pluies et des travaux agricoles. Le reste du temps, elle propose ses services pour fabriquer les briques de terre qui servent aux réfugiés à monter leur clôture ou les maisons en dur que le Secadev incite à construire pour pallier la détérioration précoce des tentes et des bâches. "Avec ce que je gagne, j'arrive à peu près à combler les manques par rapport à ce qui est distribué. Mais ce serait vraiment bien si on pouvait de temps en temps distribuer aussi de la viande ou du poisson. Pour ça, je n'ai vraiment pas les moyens !"

Face à elle dans le couloir de distribution, Moussa Zaccharia Abakar. Comme elle, il est arrivé au camp, voici puis bientôt trois ans. Il a une femme et six enfants à charge. Alors de temps en temps, en roulement avec un petit groupe sélectionné dans sa zone, il participe à la distribution de l'autre côté de la barrière, comme agent employé par le Secadev pour prêter main forte à la bonne réalisation des opérations. Pour 8.000 francs CFA, il assure pendant les 4 jours la distribution des rations de farine.

"Comme nous ne participons à la distribution qu'une fois tous les 4 mois, explique-t-il, cela fait un faible revenu. C'est dur, mais je suis bien obligé de faire ça pour faire vivre ma famille. Le reste du temps, je suis forgeron dans la zone J. Avec des micro-crédits que nous fournit le Secadev, nous construisons des outils d'agriculture, ou des couteaux... Les gens viennent nous les acheter, nous pouvons rembourser l'emprunt et gagner aussi un peu d'argent."

 

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