26/06/09 - Malgré les accords de paix signés en 2005 par le pouvoir en place à Khartoum et les ex-rebelles du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), le nombre de conflits armés dans le Sud du pays a récemment augmenté. Cette situation déstabilise la région et maintient les populations dans l’incertitude et la misère grandissante. Lors d’une récente réunion de Caritas à Rome, un évêque soudanais a déclaré que son pays se dirigeait droit vers une crise humanitaire sans précédent. Les populations dans le Sud et l’Ouest (Darfour) n’ont désormais plus accès aux soins de santé, à l’enseignement ou à l’eau potable et elles se retrouvent sans protection face à l’escalade de violence. Caritas et l’Eglise sont, à certains endroits, les seuls recours en termes de soins de santé, d’éducation et de services sociaux. Camps de réfugiés saturés au Darfour Au Darfour, Caritas Soudan procure vivres, abris, eau potable, kits d’hygiène et d’entretien à environ 300.000 personnes. Elle prend également en charge l’enseignement et développe de nombreuses activités de consolidation de la paix. Depuis que les rebelles ont pris les armes contre le gouvernement en 2003, on dénombre dans l’Ouest du Soudan (au Darfour) quelque 300.000 morts et 2,7 millions de déplacés, dont la plupart se sont réfugiés dans des camps. La situation humanitaire dans ces camps s’est fortement dégradée, avec l’arrivée de 290.000 nouveaux réfugiés au cours de l’année dernière. Or, dans le Sud du Soudan, le nombre de décès à imputer aux nombreux conflits armés est désormais plus élevé qu’au Darfour. En outre, 16% de la population souffre de malnutrition et 9 personnes sur 10 doivent survivre avec moins d’un dollar par jour. En 2007, cette région détenait aussi le triste record du monde du taux le plus important de mortalité chez les jeunes mères (203 décès pour 10.000 naissances). Et sur les 4 millions de personnes qui fuient les violences depuis une décennie, seulement la moitié ont pu retourner dans leur foyer. Une paix fragile au Sud du Soudan En 2005, un accord de paix était intervenu entre le gouvernement soudanais et les rebelles du SPLM dans le sud du pays. Cette convention mettait un terme à 20 ans de guerre civile, responsable de la mort de quelque 2 millions de personnes. Le traité prévoyait la formation d’un gouvernement provisoire autonome au Sud du Soudan. En outre, il entérinait également des accords quant à l’établissement de la frontière entre le nord et le sud, à la répartition des revenus du pétrole (toujours pas très claire à l’heure actuelle) et concernant la reconstruction de l’ensemble de la région. Ce traité vient à son terme en 2011. Les autorités islamiques de Khartoum avaient déclaré que les habitants du Sud Soudan (non-islamique) pourraient se prononcer par le biais d’un referendum et décider s’ils souhaitent une autonomie élargie ou éventuellement une indépendance totale (ce qui devrait remporter une écrasante majorité). Mais la question est de savoir si le traité résistera jusqu’en 2011. Les ennemis d’antan se sont réarmés et le nombre de conflits violents a récemment augmenté de manière inquiétante, et ce, même au Sud du Soudan entre les différents peuples et tribus (concernant la répartition des terres et le contrôle de l’eau, entre autres). Et le Nord attiserait encore ces tensions internes en fournissant armes et fonds financiers à ses milices alliées du Sud. Le risque étant de voir le pays entraîné vers une nouvelle guerre civile dont les victimes innocentes seraient, d’après Caritas, les populations les plus pauvres. ------ En tant qu’ONG indépendante, Caritas International dépend de votre soutien. Vous pouvez nous aider.
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