Soudan

L’accord de paix du Darfour : un an déjà

Le 5 mai 2006, l'accord de paix du Darfour (APD) était signé après d'intenses négociations menées à Abuja au Nigeria. Cet accord était considéré à l'époque comme la première étape vers la fin des souffrances indicibles des populations du Darfour. Il restait toutefois à transformer cet accord en paix effective sur le terrain.

Cependant, un seul des principaux groupes rebelles - la faction de l'armée de libération du Soudan (SLA) menée par Minni Minnawi - l'avait signé. Et au lieu de s'engager résolument sur le chemin de la paix, il avait immédiatement commencé à attaquer les factions qui l'avaient rejeté. Un an après, la violence connaît un regain d'intensité et l'optimisme entourant la signature de l'accord a fait place au découragement.

La situation s'est encore détériorée
Bien que l'APD soit toujours en vigueur et soutenu par les Nations Unies, la réalité sur le terrain montre une augmentation du nombre de factions qui sont impliqués dans le conflit (passées de 2 au début à au moins 13 aujourd'hui) et donc parallèlement, de l'insécurité et des massacres.

Au début du mois d'avril 2007, les Nations Unies ont confirmé le déplacement de 439 150 personnes depuis la signature de l'APD, des chiffres très certainement sous estimés. Les alliances ont changé et les groupes armés se sont fragmentés. Les groupes rebelles et les milices armées se combattent les uns les autres: certaines milices ont été intégrées aux forces officielles de sécurité, tandis que de nouveaux groupes ont rejoint la rébellion contre le gouvernement.

Certains pensent qu'il s'agit essentiellement de luttes tribales pour la terre et pour l'eau. D'autres croient que l'APD a généré des attaques par des groupes dont les besoins n'ont pas été pris en considération par l'accord. D'autres encore estiment que les conflits sont la conséquence de l'échec de l'APD et son manque d'inclusion des parties.

Quelle direction prendre ?
Le 1er anniversaire de l'APD nous offre l'occasion de rappeler l'urgence de relancer le processus de paix dans un sens qui permet aux communautés, et non plus seulement aux leaders rebelles, de donner leur avis sur l'avenir du Darfour. Beaucoup de personnes déplacées rejettent cet accord car il ne tient pas compte des difficultés auxquelles font face les « gens ordinaires ». Les requêtes sont claires : droits pour les déplacés, désarmement des janjawids, compensation pour tout ce qui a été perdu, et développement des villages.


LIRE PLUS:

Programme d'aide ACT/Caritas au Darfour
Les équipes de Act/Caritas apportent l'aide d'urgence à 470.000 personnes déplacées (IDP's) dans le sud et l'ouest du Darfour.

 

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