Corne de l’Afrique

Questions / réponses sur la crise alimentaire


Il y a de l'espoir pour des millions de familles d'Afrique de l'Est qui peuvent encore être sauvées de la tragédie si la Communauté internationale met tout en œuvre pour éviter cette catastrophe humanitaire.

D'après Richard Forsythe, Coordinateur des projets d'urgence de Caritas Australie : «Nous pouvons sauver des vies et c'est ce qui se passe tous les jours depuis que le monde s'est engagé à soulager le sort de ces peuples accablés par cette impressionnante sécheresse. Mais, ce n'est pas encore suffisant, car nous parlons de 12,5 millions de victimes. Il est difficile d'appréhender exactement l'ampleur de cette tragédie humanitaire».

Pour essayer d'y parvenir, voici un survol de la situation sous forme de questions/réponses :


Quelle est la situation humanitaire actuelle en Afrique de l'Est ?


La sécheresse extrêmement grave couvre un vaste territoire qui comprend le sud de la Somalie, certaines parties du Kenya, l'Éthiopie et Djibouti. Les sources d'eau se tarissent, les cultures sont détruites et la population et les bêtes sont en train de mourir. La population urbaine est fortement touchée par les prix des denrées alimentaires qui grèvent le budget des familles, à tel point que les gens doivent parfois se résoudre à la mendicité ou à la prostitution. Parmi les autres pays touchés, citons l'Érythrée, le Soudan, le Sud-Soudan et l'Ouganda. Plus de 12 millions de personnes sont affectées, et les plus vulnérables sont celles dont la subsistance est liée au bétail. Plus d'un demi-million d'enfants sont dangereusement sous- alimentés. Sans secours d'urgence ni intervention, cela pourrait avoir des conséquences à court terme et des répercussions à long terme sur les enfants, à mesure que la malnutrition mine leur développement physique et intellectuel.


Pourquoi l'Afrique de l'Est fait-elle face à de nouvelles pénuries alimentaires?

Les climatologues affirment que le réchauffement planétaire a modifié les phénomènes de précipitations dans la région. Les pluies saisonnières ont été largement insuffisantes. Les cultures sont anéanties, il y a moins de travail et les bêtes sont en mauvaise santé et même mourantes. Le prix des denrées alimentaires a augmenté de façon alarmante ces derniers mois (de 200 % en Somalie et de 70 % au Kenya). Les ménages pauvres (1/3 de la population en Somalie) n'ont pas les moyens d'acheter suffisamment de nourriture. Et le conflit en Somalie couplé à l'absence d'infrastructures et d'État fonctionnel compliquent encore les choses.


Comment prévenir l'apparition d'autres crises alimentaires dans la région?

Un soutien financier est nécessaire pour fournir des secours d'urgence à court terme et pour trouver des solutions à plus long terme. Cette année, il faudrait un milliard de dollars américains mais jusqu'ici, seule la moitié de cette somme a été réunie.

Des investissements considérables sont nécessaires pour mettre en place des solutions simples, peu coûteuses et de basse technologie visant à améliorer la conservation de l'eau de pluie et de l'eau souterraine, à reconstituer les réservoirs aquifères, à améliorer la fertilité du sol, à protéger les pâturages et à généraliser l'utilisation de semences résistantes à la sécheresse, d'engrais naturel et de compost. 

Il faut améliorer l'irrigation (seulement 1% des terres arables de la Corne de l'Afrique sont utilisées) et constituer une réserve d'urgence. Une autre solution serait une assurance visant à protéger les petits agriculteurs ; celle-ci, relativement peu coûteuse, indemniserait les agriculteurs ayant perdu leurs biens. Davantage d'investissements dans la recherche sur le climat et l'agriculture sont également nécessaires.

En Somalie l'accès à la population sinistrée reste un élément clé à résoudre. Il faut que l'ensemble de la population puisse profiter des efforts de secours d'urgence. Il est essentiel de promouvoir la paix dans la région afin de favoriser les investissements dans la production agricole à moyen et à long terme.


Que fait Caritas sur le terrain et à l'échelle internationale pour trouver des solutions à ces catastrophes récurrentes?

Les membres du réseau Caritas œuvrant dans les régions sinistrées aident la population à obtenir des vivres, des soins médicaux, des moyens de subsistance et de l'eau potable. Dans les zones de sécheresse, ils distribuent également de la nourriture et de l'eau au bétail, aident les éleveurs à vendre les bêtes qu'ils ne peuvent plus nourrir et renforcent la résilience des collectivités les plus vulnérables dans les régions propices à la sécheresse.

De nombreuses Caritas nationales de divers pays ont lancé des appels. Les délégations de Caritas à Genève et à New York suivent attentivement la situation et tiennent les organisations de l'ONU au courant de son évolution (HCRNU, FAO, PAM, UNICEF entre autres).

Caritas invite la communauté internationale à faire preuve de solidarité et à réunir le soutien financier nécessaire pour les secours d'urgence afin de mettre en œuvre une intervention immédiate à grande échelle. Les États doivent assurer l'accès à la nourriture pour les populations affectées, de même que le traitement pour la malnutrition aiguë sévère, l'accès à l'eau potable, et la vaccination contre les maladies mortelles, comme la rougeole et la poliomyélite. En outre, il faut investir dans la production agricole afin de réduire les prix de denrées alimentaires.


Sources : Caritas - FAO - UNICEF

 

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