Grégory Claus coordonne actuellement les activités de Caritas International en RD Congo au siège à Bruxelles. Cet ingénieur agronome de formation, âgé de 35 ans, a auparavant travaillé 6 ans en RD Congo où il a été responsable de divers projets sur le thème de la sécurité alimentaire. De retour en RDC pour une mission d'évaluation, Grégory Claus nous confie son carnet de route et nous invite à partager son quotidien. photos » Dimanche 28 janvier - Kinshasa: Retour en terrain connu. A Kinshasa, Caritas International gère avec la Caritas diocésaine de Kinshasa 40 centres de santé, qui abritent également des centres de nutrition. Ici, les enfants souffrant de malnutrition aiguë et sévère reçoivent une alimentation thérapeutique. Des soins médicaux sont prodigués et les mamans apprennent à préparer une alimentation riche en protéines pour leurs enfants. Lundi 29 janvier : Visite du projet sur l'axe Bokeka (80km de Basankusu) En route pour la visite du projet pour lequel je suis venu : «l'appui aux associations paysannes afin d'assurer leur sécurité alimentaire ». Concrètement, ce projet vise l'amélioration des capacités techniques et le renforcement des capacités organisationnelles de 400 familles. Depuis le début du projet, je vois apparaître régulièrement dans le descriptif du projet des activités telles que ‘l'abattage d'un arbre' ou encore ‘le dégagement de route'. A chaque fois, je me posais la question de savoir à quoi cela correspondait. Seul un voyage sur le terrain permet de se faire une idée. (voir photo). Les routes sont impraticables si on ne les déboise pas régulièrement. L'Etat devrait prendra cela à sa charge mais ne le fait pas. Sans ces routes, les paysans ne peuvent pas évacuer la production agricole (maïs, riz, manioc) vers les marchés de la ville portuaire de Basankusu. J'ai vraiment l'impression de créer une route plutôt que de la suivre. Mardi 30 janvier - Basankusu: lutte contre l'insécurité alimentaire La pauvreté de la population s'est accrue de manière alarmante suite aux conflits de ces dernières années. Et l'agriculture ne fournit plus que de faibles revenus. Les paysans manquent de matériel adéquat et n'ont pas accès aux nouvelles techniques agricoles. Aujourd'hui, grâce au projet lancé par Caritas, j'ai pu voir ce que le projet a eu comme résultats bénéfiques pour les paysans : un champ de riz et un champ de maïs ont pu être semés en pleine forêt équatoriale grâce à la préparation du terrain avant le semis. J'ai pu voir des séchoirs (machine qui permet de sécher le riz) et une décortiqueuse de riz qui permet de transformer le riz plus rapidement qu'auparavant. En se regroupant en associations, les paysans se sont fixé des priorités pour la communauté et ont ainsi pu bénéficier d'un meilleur accès aux semences, aux engrais et à un matériel plus adapté à la vulnérabilité de leur environnement. Mercredi 31 janvier : visite d'un campement de pêcheurs Une heure et demi de voyage en pirogue pour atteindre le campement de pêcheur sur la rivière Lopori. Les membres de l'association des bénéficiaires nous ont accueillis sous leur préau surélevé afin de présenter leurs activités. Malgré quelques difficultés encore présentes, il semble que les formations en techniques de pêche, des filets et hameçons adéquats, etc. ont permis une augmentation significative de leurs prises de pêche et donc de leurs conditions de vie. Jeudi 1er février: Table ronde de l'action Basankusu Après une année, on se retrouve autour de la table pour faire le point. Les débats sont ouverts : les discussions tournent autour des atouts du projet, des difficultés et des améliorations à apporter. Le dialogue a été franc et constructif. En route pour la deuxième année... Vendredi 2 février : Réunion avec la coordination du projet Comme hier, la journée est studieuse. C'est l'occasion de parler des activités du projet de vive voix et non pas par mail interposé. C'est finalement beaucoup plus convivial. A quand les Webcam à Basankusu. Dimanche 4 février : Retour à Kinshasa Basankusu n'est qu'à deux heures de Kinshasa par avion mais il nous faut près de 8 heures pour y arriver en avion taxi. L'itinéraire nous mène à Bumba, puis à Lisala et Mbandaka avant d'arriver finalement au coucher du soleil à Kinshasa. |