L'Eglise du Congo (Kinshasa) par la voix de la Conférence Episcopale Nationale du Congo fortement préoccupée par la situation qui prévaut depuis plusieurs années en RDC et particulièrement au Nord et au Sud Kivu, hausse le ton à l'occasion de la conférence sur la paix, la sécurité et le développement au Nord et au Sud Kivu dont les assises se tiennent depuis dimanche à Goma. En effet, dans un long mémorandum, la Conférence Episcopale Nationale du Congo salue cette initiative mais attire l'attention sur le fait qu'on ne doit pas déroger sur des acquits importants comme la Constitution de la RD Congo qui a résolu le problème de la nationalité. « L'intégralité du territoire, l'intangibilité des frontières et l'unité nationale de la RDC ne sont pas négociables. Il serait inacceptable, soulignent les Evêques, que la Conférence de Goma remette en question les Institutions ou qu'elle devienne un nouveau lieu de partage du pouvoir en marge des mécanismes constitutionnels. » Allant plus loin, les Evêques parlent sans équivoque de « l'affairisme des multinationales autour des ressources naturelles ». Et de préciser : « qu'il apparaît clairement que la guerre au Kivu est une guerre économique dont l'enjeu demeure incontestablement l'exploitation des richesses du sol et du sous-sol. Des agents des multinationales qui convoitent ces richesses sont particulièrement actifs dans cette région pour vendre des armes et conseiller les chefs des groupes armés à persévérer dans cette aberration. » La Conférence Episcopale Nationale du Congo a également noté « l'attitude ambiguë de la communauté internationale face aux problèmes des réfugiés, face à la démocratie dans la région des grands lacs et face à la mission de maintien de la paix de la MONUC ». Elle relève aussi « l'attitude manifestement hostile de certains pays voisins, malgré le pacte de Nairobi qu'ils ont ratifié ». Dans son mémorandum, la Conférence Episcopale Nationale du Congo précise que « le succès d'une telle conférence dépend de l'esprit de dialogue dans la transparence et la vérité, de la détermination et de la sincérité des conférenciers. Rien ne se fera tant que la conférence n'abordera pas les questions de fond et ce dans toute leur dimension humanitaire, foncière, historique, économique, politique, éthique, juridique. » Pour garantir le succès de ces assises, la Conférence Episcopale nationale du Congo invite les participants à s'interroger sur les causes réelles du conflit au Kivu et à se poser les questions de fond. Elle interpelle la communauté internationale pour qu'elle prenne conscience que « notre pays est au centre de convoitises régionales et internationales ». Elle exhorte aussi le Gouvernement à « ne pas décevoir les attentes de la Nation qui veut voir la paix, la sécurité, le développement devenir une réalité pour la grand bien de notre population. » Rappelons que l'Eglise du Congo, notamment à travers les Caritas diocésaines s'est toujours engagée aux côtés des populations en les aidant dans tous les domaines. Le Nord-Kivu est depuis août 2007 le théâtre de violents affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC) - qui y ont déployé près de 25.000 hommes - et des soldats insurgés ralliés au général déchu Laurent Nkunda, dont le nombre est estimé à environ 4.000. Cette région compte quelque 800.000 déplacés de guerre, selon l'ONU. A l'exception des quatre camps situés sur le territoire de Goma, 24 autres sites sont éparpillés dans le Masisi et le Rusthuru. A chaque nouvelle confrontation s'ensuit un mouvement de déplacement. Ainsi durant les deux derniers mois seulement, les équipes de Caritas Goma ont assisté environ 154.000 personnes. Il s'agit de personnes déplacées qui viennent de Bweremana, Bishnage, Ufamando, Karuba et Kilolirwe en territoire Masisi ; Bwito, kabaya, Nkonkwe et autre villages proches de Rumangabo sur le territoire de Rutshuru. D'autres déplacés sont installés à Minova, Kitembo, et Kalungu dans la Province du Sud-Kivu.
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