Niger

Caritas tire la sonnette d’alarme


 23/04/10 - Situé en Afrique de l’Ouest, le Niger est l’un des pays les plus pauvres au monde. Et les mauvaises récoltes de ce printemps ont des conséquences dramatiques : près de 7,8 millions d’habitants (60% de la population totale) sont menacés de famine. Si l’aide internationale ne se manifeste pas rapidement, le Niger connaîtra d’ici juin une véritable catastrophe. Caritas Internationalis rassemble des fonds afin de financer rapidement un programme d’aide d’urgence visant à soutenir un quart de million de familles dans 327 villages, parmi les plus touchés par la pénurie alimentaire. .

« Lors d’une première phase, nous distribuons gratuitement de la nourriture (céréales), surtout aux enfants et aux femmes enceintes ou allaitantes. Ensuite nous stimulerons les projets d’agriculture dans les villages ruraux. Et sur le long terme, nous travaillerons à l’amélioration durable de la sécurité alimentaire », explique Maliki Oumarou de Caritas Niger (CADEV).

Crise alimentaire alarmante

L’actuelle pénurie alimentaire au Niger est la conséquence directe de précipitations insuffisantes ou irrégulières, à l’origine de mauvaises récoltes (près d’un quart de moins que l’an dernier). Dans certaines parties du pays, il n’y a même rien à récolter. La sécheresse et les criquets pèlerins ont détruit la majeure partie des pâturages et des champs. La plupart des habitants subsistent grâce à quelques bovins. Mais le bétail n’a plus suffisamment d’herbe à brouter. La FAO, Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, a dégagé 9,5 millions d’euros pour soutenir 8 projets agricoles, via la distribution de la nourriture pour le bétail et de semences aux petits agriculteurs. Juste à temps pour qu’ils puissent les utiliser avant la saison des semailles en juin. Notre pays intervient pour une partie de cette somme, puisque le Niger est l’un des 18 pays partenaires de la Coopération belge au développement.

Les conséquences de cette terrible pénurie au Niger sont évidemment prévisibles :

  • Environ 70% de la totalité du cheptel est voué à disparaître rapidement. Les éleveurs sont donc contraints de vendre leurs animaux à grande échelle, ce qui occasionne une forte baisse des prix de vente du bétail.
  • Par contre, le prix des grains monte en flèche. Le prix de certaines cultures a ainsi augmenté en un an de près d’un quart, voire de la moitié.
  • Près de la moitié de la population ne possède pas de stock de grains en suffisance. Et si, pour le moment, le pays dispose encore d’une petite réserve de vivres, ce sera loin d’être suffisant pour atteindre la prochaine récolte.
  • On assiste à un exode massif de la campagne vers les pays voisins ou vers les régions urbaines. Les déplacés tentent d’y trouver du travail dans le secteur de la construction ou du nettoyage. Cet afflux de nouveaux travailleurs a fait chuter le salaire moyen d’1,5 à 1,15 euro par jour.
  • De nombreuses écoles de l’intérieur des terres sont fermées faute d’élèves et les champs sont laissés à l’abandon ou en jachère.

Sous-estimée

« La pénurie alimentaire au Niger a été longtemps sous-estimée. C’était un sujet-tabou pour les forces gouvernementales de la capitale, Niamey. Après que les media et les organisations de secours internationales se soient emparées du problème, le gouvernement a finalement ouvert une enquête. A présent que nous avons une image plus claire et détaillée de cette situation dramatique, nous pouvons agir et aider là où les besoins les plus criants se font sentir. La situation dans certaines régions du Niger est actuellement extrêmement inquiétante. Les populations n’ont plus que quelques plantes sauvages pour assurer leur subsistance. L’aide doit arriver sans délai, car d’ici quelques semaines la saison des pluies débutera, rendant certaines régions et villages totalement inaccessibles. » commente Raymond Yoro, Secrétaire général de Caritas Niger (CADEV).

La junte militaire, qui lors d’un coup d’Etat en février a renversé le président Tandja et le gouvernement, a développé entre-temps un plan d’urgence national et demande une aide de 92,5 millions d’euro pour endiguer la crise.

Une pénurie qui dépasse les frontières du Niger

Le Niger n’est pas le seul lourdement touché par ce grave problème alimentaire. Dans de nombreux autres pays de la partie occidentale du Sahel (territoires entre l’Afrique subtropicale et le désert du Sahara), tels que le Tchad, le Nigeria, le Burkina Faso, la Mauritanie et le Mali, des millions de gens (dont au moins 800.000 enfants de moins de 5 ans) souffrent de malnutrition sévère, à cause de la sécheresse de l’année écoulée et des précédentes crises alimentaires.

 

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