Niger

Stijgende voedselprijzen (Fr)

Le Niger est un pays de l'Afrique de l'Ouest à déficit vivrier. Il n'a aucun débouché sur la mer et vit d'une importation massive de plusieurs produits de grandes consommations (lait, sucre, riz, maïs...) et en dépit de l'approvisionnement régulier des marchés en céréales et autres produits agricoles et maraîchers sur toute l'étendue du territoire national nous assistons à une hausse vertigineuse des prix des denrées alimentaires.

A l'instar des autres pays de la sous région, le Niger éprouve aussi une hausse vertigineuse des prix des produits céréaliers de consommation. 

Cette situation faudrait-il le rappeler n'est pas nouvelle. Pour mémoire, en 2005, une coalition dénommée Equité et Qualité contre la vie chère a organisé des marches pacifiques des nigériens qui protestaient contre la flambée des prix des produits de premières nécessités (lait, mil, sucre, riz,...). 

Malgré les efforts consentis jusque-là, la situation n'a fait que s'empirer. En 2008, les prix ont atteint un seuil qui fait grincer des dents. En mars 2008, le gouvernement décide d'agir vite afin de ne pas être pris de cours comme en 2005. Il décide une suppression, pour une durée de trois mois, de tous les droits et taxes à l'importation du riz, l'acquisition par l'Etat de riz sur les marchés internationaux en vue d'une intervention appropriée en direction des couches les plus démunies de la population, et la redéfinition concertée des prix avec les opérateurs économiques. Cette mesure a permis de juguler un peu l'insécurité alimentaire qui se profile à l'horizon. 

Aujourd'hui, malgré ces mesures d'atténuation des coûts des produits alimentaires, la situation reste toujours précaire. Une comparaison des prix des céréales des mois de janvier 2008 et d'avril 2008 permet de se rendre compte des hausses des prix. Le kilo de riz qui coûtait 350 CFA en janvier est passé à 400 F CFA EN avril 2008.

La boite de lait qui coûtait 950 CFA est passée à 1600 CFA. L'huile d'arachide a connu une augmentation phénoménale passant de 750 à 1000 CFA. Il en est de même pour la baguette de pain vendu aujourd'hui à 200 CFA alors qu'elle coûtait seulement 150 il y a quelques mois. Dans certaines localités, les prix sont passés du simple au double.

Selon le bulletin d'information du SIMA de la semaine du mercredi 05 au mercredi 11 mars 2008 le marché du mil est aussi caractérisé au cours de cette période, par la continuité de la hausse de prix de +5% par rapport à la semaine précédente. Cette situation, trouve essentiellement sa justification dans l'importance de la demande locale face à une offre (des producteurs) de moins en moins importante.

En effet, le prix moyen du sac de mil de 100 kg au cours de cette semaine,  se situe à 16 822 F CFA  environ. Toutefois,  l'approvisionnement des marchés demeure jusqu'ici satisfaisant. 

Graphique n°1 : Evolution du prix moyen du sac de mil sur l'ensemble du pays.


Source : SIMA (Système d'Information sur les Marchés Agricoles)

Notons que,les niveaux de prix les plus élevés sont observés, sur les marchés  de la Commune Urbaine de Diffa (20 333 F CFA le sac de 100 kg), de Matamèye et de Ouallam (18 000 F CFA /sac de 100 kg chacun).

La conséquence pour les populations rurales est donc l'augmentation du prix du sac de mil. Elles vont finir par épuiser  leurs stocks de céréales faute d'avoir les moyens de s'offrir quelques kg de riz comme complément alimentaire. C'est dire que la situation en milieu rural doit être suivi de près. On ne peut pas prévoir l'ampleur de la situation mais nous sommes certains que la situation sera critique dans bon nombre de régions.

Comme en 2005, l'aide humanitaire sera très indispensable pour venir à bout de la crise. La CADEV Niger à travers les Comités de Solidarité et de Développement (CSD) suit l'évolution de la situation particulièrement en milieu rural. En effet, il leur a été demandé  d'être attentifs aux prix sur les marchés de référence ainsi que les zones ou villages à risques.

La flambée des prix  des produits vivriers couplée à la hausse quasi mensuelle du prix du carburant à la pompe milite en faveur d'une recrudescence de situation d'insécurité alimentaire.  

Toujours selon le Système d'Information sur les Marchés Agricoles, la situation  actuelle des marchés agricoles est marquée par  la poursuite des hausses des prix des céréales sèches : +5% pour le mil et +3% pour le sorgho et le maïs. La tendance de prix est plutôt stable pour le riz importé.

Comparée à la moyenne de la même période de  l'année précédente (2007), les prix de toutes les céréales suivies sont également  à la hausse : +19% pour le mil, +25 % pour le sorgho, +39 % pour le maïs et +23 % pour le riz.

Graphique N° 2 : Evolution du prix moyen du sac (50 kg) de riz sur l'ensemble du pays au cours de la Semaine  du mercredi 05 au mardi 11 mars 2008




 
Analyse de la situation de hausse des prix des céréales

Tableau 1 : PRIX DES CEREALES : pour le sac de 100 kg, en FCFA (prix à la consommation) source AFRIQUE VERTE NIGER

Tableau 1 1: Début  avril 2008

Région

Marchés de référence

Riz Importé

Mil Local

Sorgho Local

Maïs Importé

Zinder

Dolé

37 500

17 000

16 000

20 000

Maradi

Grand marché

33 500

14 500

16 000

19 000

Dosso

Grand marché

33 000

17 000

17 000

19 000

Tillabéry

Tillabéry commune

37 500

21 000

19 000

19 000

Agadez

Marché de l'Est

38 000

19 000

17 000

22 000

Niamey

Katako

33 000

17 000

16 000

16 500



Tableau 1 2: Début avril 2007

Région

Marchés de référence

Riz Importé

Mil Local

Sorgho Local

Maïs Importé

Zinder

Dolé

31000

16000

12000

13000

Maradi

Grand marché

30000

12500

10 000

11 000

Dosso

Grand marché

30 000

12 500

12 500

11 500

Tillabéry

Tillabéry commune

30 000

18 000

15 000 

16 000

Agadez

Marché de l'Est

32 000

17 000

16 000

18 000

Niamey

Katako

30 000

14 000

11 500

11 000



En comparant les deux situations, on relève une hausse de 20 % pour le riz importé, de 6% pour le mil local, de 33% pour le sorgho et de 53% pour le maïs. Cette dernière hausse est due à la mauvaise récolte en 2007 dans le Nord du Nigeria qui est un grand pourvoyeur du Niger en produits vivriers.

Vu la précarité de l'offre dans la sous région et les faibles perspectives de son amélioration dans l'immédiat, les produits alimentaires seront de plus en plus insuffisants pour couvrir la demande qui augmentera de manière soutenue dans les prochains mois. A défaut d'importations massives, il faudra attendre les prochaines récoltes en août - juillet ou septembre 2008 pour espérer des changements significatifs dans l'offre.

Au regard de l'évolution actuelle de la situation, les prix pourraient se maintenir à un niveau élevé et même continuer à augmenter surtout si la libre circulation des flux des denrées.

alimentaires est entravée, si aussi les commerçants et les autres spéculateurs continuent à faire de la rétention des stocks alimentaires.


 

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