Anne-Marie Angenon, une collègue de la communication, est partie au Niger pour visiter les projets soutenus par le réseau Caritas suite à la crise alimentaire 2004-2005. Voici quelques extraits de son journal. 4.11.2006 Nous visitons un site de récupération des terres via la technique des demi-lunes. En cours de route, mes compagnons agronomes me donnent toute l'explication nécessaire concernant cette méthode de travail dont l'objectif premier est de rétablir le couvert végétal et donc de lutter contre l'érosion. Ces demi-lunes sont disposées en quinconce sur des pentes afin de recueillir une partie les eaux de ruissellement. Un trou est réalisé au milieu de la demi-lune pour y planter un arbre, des herbes etc. Cette technique empêche l'eau de prendre de la vitesse et ainsi de creuser d'immenses ravines. A Say, il s'agit d'une plantation forestière de gommiers qui à long terme doit fournir de la gomme arabique et fournir des revenus au village concerné. Actuellement, le gommier n'est rien d'autre qu'un minuscule petite arbuste. Il faudra attendra deux à trois ans avant d'en tirer quelque chose. A condition que le suivi soit assuré. Tout le travail a été effectué par les villageois dans le cadre du "Food for work". Détail amusant : les villageois n'ont pas respecté les distances entre les demi-lunes. Elles ont été creusées à des distances plus rapprochées... histoire d'augmenter le temps de travail et donc la quantité de vivres. 5.11.2006 L'après-midi, nous visitons plusieurs villages. Un trait commun, il s'agit de villages extrêmement isolés et très pauvres Les hommes nous accueillent. Si nos collègues masculins ont droit à une poignée de main, les femmes du groupe doivent se contenter d'un simple signe de la main et l'éternelle parole de bienvenue "bonne arrivée ! ". La rencontre se déroule selon le même canevas : bref discours de bienvenue et remerciements par le chef du village, présentation du groupe et puis les questions : nombre d'habitants, situation sanitaire (les centres sanitaires trop éloignés, seul recours : la médecine traditionnelle), école (manque d'enseignants), récolte (insuffisante), activités génératrices de revenus, le problème de l'exode rurale etc., et puis les souhaits pour l'avenir ou quelques suggestions quant aux activités à entreprendre (moulin à grains, aménagement des alentours des mares pour la culture maraîchère, aménagement de couloirs de passage pour le bétail, etc.) Un fait restera gravé dans ma mémoire : dans le premier village, une femme âgée est venue vers nous en portant un bébé minuscule dans les bras. Une semaine auparavant, sa fille avait accouché de jumeaux. Elle n'avait plus de lait pour nourrir ses enfants... Pas de lait maternelle, pas de lait de substitution, pas d'eau pure ... et le centre de santé le plus proche à des kilomètres du village, pas de routes, pas de médecins... » suite |