Mauritanie

Sécurité alimentaire au Brakna



1. Fiche Technique

  • Durée du projet : 2008-2012
  • Nombre de bénéficiaires directs : 10 000 personnes répartis dans 64 villages
  • Collaborateurs sur le terrain : 14 collaborateurs locaux
  • Bailleurs de fonds : Union Européenne, Caritas France, Caritas International
  • Budget total : € 1.498.643,59


2. Contexte


 Le Projet d’Appui au Développement intégré du Brakna (PADB) oeuvre dans une zone particulièrement vulnérable de la Mauritanie, où 78% des habitants sont en situation de vulnérabilité alimentaire (enquête nationale - 2002). L’autoconsommation y est encore la principale finalité de l’agriculture mais même dans ces conditions, la production ne couvre que 4 à 5 mois des besoins des ménages. La pauvreté de la région réduit considérablement la sécurité alimentaire et en période de soudure la population diminue le nombre de ses repas, il en résulte des cas de sous-alimentation et la nécessité de recourir aux dons d’aide alimentaire.

En outre, la zone d’intervention a été fortement touchée par les aléas climatiques de 2007 qui ont handicapé la production agricole de cette année-là. La sécurité alimentaire et la situation sociale de la population se sont considérablement dégradées à cette occasion. Il est d'autant plus vital pour la Mauritanie de venir en aide à cette région fluviale, qui est à peu près la seule zone agricole réellement productive du pays.

En 2012 encore, plusieurs zones de la Mauritanie font face à l'insécurité alimentaire, les prix agricoles connaissant une nouvelle envolée comme dans plusieurs autres régions du Sahel, suite à une campagne agricole 2011 affaiblie par des pluies insuffisantes.


3. Descriptif du Projet


 Le projet d'Appui au Développement Intégré du Brakna Sud (PADB) couvre 64 villages des 3 départements de Boghé, Bababé et M'Bagne.
Environ 10.000 villageois du Brakna fluvial sont les bénéficiaires directs du projet, dont :

  • 4.500 villageois privés d'eau potable qui bénéficient d'infrastructures hydrauliques ;
  • 1.050 villageois analphabètes (dont 1.000 femmes) alphabétisés par le projet ;
  • 42 alphabétiseurs formés dans le cadre de l'action ;
  • 3.070 producteurs agricoles appuyés matériellement dans leurs activités de production et/ou de transformation de leur production rizicole, maraîchère et de culture traditionnelle ;
  •  1.780 éleveurs bénéficiant, pour leur bétail, d'une accessibilité accrue à l'eau, à l'alimentation et aux soins ;
  • 50 pêcheurs appuyés dans leurs activités ;
  • 80 membres de coopératives qui créent un commerce de proximité ;
  • 3.320 villageois (dont 3.000 jeunes) bénéficiant de sensibilisations et/ou de mesures de protection de leur environnement ;
  • 655 techniciens ou membres de coopératives/comités bénéficiant d'au moins une réunion ou formation technique spécifique à leur activité ou d'une formation en gestion/organisation ;
  • 10 techniciens et représentants des autorités locales qui participent aux réunions.Fin 2011, au terme de 4 années de projet, voici l'état d'avancement succinct :

En ce qui concerne le volet hydraulique, les investissements de type construction, réhabilitation de puits ou aménagement de pompes solaires sur ouvrage hydraulique sont terminées et un puit supplémentaires a pu être réalisé (5 réalisés sur 4 prévus toutes années). Les activités visant à l'accompagnement des comités de gestion des infrastructures hydrauliques sont toujours en cours. Ces formations/recyclages constituent d'ailleurs un enjeu important pour la pérennisation des aménagements hydrauliques (un dernier atelier de recyclage est prévu en année 5).

Le volet alphabétisation se trouve à mi-parcours de sa mise en œuvre : Fin 2009/début 2010, les 17 classes ayant débuté les cours en 2007 avaient terminé leur cycle tandis que 20 nouvelles salles débutaient leur période de formation, ce qui donne un taux de réalisation de 59%.
Une association des alphabétiseurs a d'ores et déjà été créée en 2009 afin de pouvoir mener ce volet à la pérennisation.

L'essentiel des aménagements relatifs au volet agriculture (aménagement de jardins et de vergers maraîchers, appui périmètres rizicoles, dotations d'intrants...) a été également réalisé. De plus, la plupart des formations se sont déroulées et ont réuni un panel significatif de bénéficiaires. Un certain nombre d'indicateurs d'activités ont même dépassé les prévisions (pourcentage de 103% de réalisation). Plusieurs effets positifs ont pu être observés au cours des 4 années du projet, comme l'évolution des rendements agricoles.

Toutefois, dans plusieurs pays du Sahel, la campagne 2011 a été particulièrement décevante en matière de pluviométrie (232 mm cette année contre 475 mm en 2010), ce qui a affecté la sécurité alimentaire nationale, et a constitué une perturbation à l'avancée du projet en matière de culture pluviale, sauf dans le périmètre de Niabina où les paysans ont eu recours à un tracteur qui a réalisé une action « d'offsetage » au niveau du périmètre, permettant une meilleure pénétration de l'eau dans le sol. En outre, la culture maraîchère le long du fleuve Sénégal a été dynamique et dans certains cas, a déjà débuté pendant la campagne pluviale 2011 : de nombreuses coopératives ont pu ainsi maintenir certaines cultures (gombo, oseille de Guinée, manioc, piment ou encore pastèque rouge...) et même le riz et le niébé (haricot) ont été cultivés dans certains jardins. La question de l'accompagnement (des coopératives maraîchères, des producteurs rizicoles...) en vue de leur pérennisation est une priorité de la dernière année du projet (2012).


Au terme de la 4ème année, les volets Commercialisation et Environnement sont presque aboutis également (91%). Des boutiques communautaires, boucheries sont fonctionnelles. Et les techniques de séchage et de conditionnements des aliments sont assimilées. Ne restent principalement que des activités de formation visant au renforcement des capacités des bénéficiaires.

Dans le même ordre d'idée, on observe que la mise en place du volet Elevage s'est opérée de manière satisfaisante (avec un pourcentage de réalisation de 93%). Là encore comme pour les autres volets, la difficulté ne s'est pas posée en termes d'exécution des activités programmées mais plus sur la pérennisation de celles-ci.

Au cours de l'année restante (2012) avant la clôture du projet, l'équipe du PADB tentera de s'organiser pour accompagner au mieux les bénéficiaires vers la voie de la pérennisation, et ce dans une perspective d'autonomisation des communautés de base. 
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Info : article sur ce projet dans le journal "Ouest France" de 14 mai '09.



Dernière mise à jour: 13/03/2012

 

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