11/08/11 - C’est dans le district de Turkana, dans le nord du Kenya, qu’est née l’humanité. Les premiers restes humains connus y ont été trouvés ainsi que dans les régions du Nord, au-delà de la frontière éthiopienne. Qu’est-ce qui a changé depuis ? En un mot : le climat. Les faits parlent d’eux-mêmes : depuis 1960, la température a augmenté de deux degrés et ces huit dernières années ont enregistré des records de chaleur ; en dix ans, la pluviosité a chuté de 25%. Aujourd’hui, les terres du Turkana sont asséchées et poussiéreuses à perte de vue. Sur une distance de 230 km, de Lodwar à Lokitaung, toutes les rivières sont asséchées. Là où elles coulaient autrefois, on trouve aujourd’hui des vallées poussiéreuses. Nous avons croisé un groupe de 30 habitants qui creusaient le sol à plus de 2 m de profondeur, dans l’espoir d’y puiser les dernières gouttes d'eau. Mais, lorsqu’ils en trouvent, il s’agit généralement d’une eau dangereusement sale. Ils la boivent malgré tout. Ont-ils un autre choix ? “Les années précédentes étaient différentes,” nous dit Andrew Lodio. “Nous avons déjà eu des sécheresses, mais jamais comme cette année. Celle-ci est encore pire, parce qu’elle s’étend sur toute la région. Auparavant, si la situation était mauvaise par ici, nous pouvions aller ailleurs, mais maintenant toute la région est atteinte. Et, nous n’avons nulle part où aller.” Chaque village de la région nous raconte une histoire similaire : les cultures ratées, les animaux morts, les gens affamés. Et, le ventre inexorablement vide, ils regardent le ciel bleu, sans aucun nuage, et prient pour qu’il pleuve. Au cœur du berceau de l'humanité, c’est une catastrophe humanitaire qui naît à présent… Par Eoghan Rice (Caritas Irlande).
Faites un don en ligne (cliquez ici) ou versez votre don sur le compte BE88 0000 0000 4141 (ou 000-0000041-41) avec la mention "Corne de l'Afrique". Tous les dons à partir de 40 euros sont déductibles. |