ETHIOPIE

3 TÉMOIGNAGES SUR LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE A TIGRAY ORIENTAL


Kebedesh Tek, 53 ans, fermière


Kebedesh Tek est veuve. Âgée de 53 ans, elle vit à Agameyo, dans le sous-district d'Haylom, situé dans la région du Tigrayu oriental. Elle a deux filles et quatre garçons. Kebedesh a perdu son mari à 30 ans, et, depuis lors, survivre est devenu une préoccupation quotidienne pour la famille. Grâce au soutien du programme de sécurité alimentaire, Kebedesh a retrouvé un niveau de vie plus confortable.

Le projet prévoyait un prêt grâce auquel Kebedesh a pu acheter un bœuf. À côté de cela, elle a également reçu un pommier et de l'aide pour l'excavation d'un puits. Enfin, après avoir participé à une formation, Kebedesh a pu prendre part à un programme de microcrédit.

"Le soutien apporté par ce projet a amélioré mes conditions de vie, et m'a même donné la chance de faire des bénéfices et d'épargner de l'argent", confie Kebedesh. " Je ne considère pas vraiment cela comme un prêt mais davantage comme une aide gratuite. En effet, beaucoup de temps m'a été octroyé pour rembourser l'argent, ce qui est déjà le cas pour la moitié de la somme."

"Grâce au programme de sécurité alimentaire, j'ose m'imaginer un futur dans lequel tant mes enfants que moi-même, nous mènerons une vie agréable. Je me réjouis du jour où je serai totalement autonome, où je pourrai construire une nouvelle maison, et où tous mes enfants auront un meilleur niveau de vie. Je porterai alors une magnifique robe et me rendrai de nombreuses fois à l'église afin de remercier Dieu."


Debre brehan, coopérative bovine à Tahtay Ruba


"Debre brehan" est une coopérative qui met l'accent sur l'engraissement des bœufs. Avec l'aide du programme de sécurité alimentaire ADCS, celle-ci a pu bénéficier d'un prêt. La coopérative, qui est située à Tahtay Ruba, au cœur du sous-district d'Hagere Selam, dans la région du Tigray oriental, compte 17 membres dont 5 femmes. Trois membres de la coopérative nous livrent leur témoignage.

"Ce sont surtout de jeunes qui n'ont pas de terres à cultiver qui entrent en ligne de compte pour ce projet", confie l'un d'eux. "Nous nous sommes entendus sur le projet avec les bœufs, et avons reçu une formation au terme de laquelle nous avons pu réellement démarrer notre travail. Dix bœufs et 26.200 birr (soit 1000 euros, NDLR) nous ont été confiés, suffisamment pour couvrir tous les frais."

"Nous n'avons jamais réalisé de profits", poursuit-il, "car le président de la coopérative trafiquait les revenus. Il était sur le point de disparaître avec 6000 birr, argent provenant de la vente des bœufs engraissés. Ses méfaits ont été découverts et il a été arrêté par la police. L'argent a bien été récupéré, mais depuis lors il régnait une ambiance de méfiance. Le groupe s'en est trouvé irrité et divisé. Finalement, il s'est avéré que nous étions insuffisamment formés à la gestion de nos finances. Nous n'amenions, par exemple, jamais nos revenus à la banque. Et lorsqu'il y a de l'argent en nature quelque part, la corruption ne se trouve jamais très loin. Certains membres de la coopérative ont donc décidé d'en rester là, et le gouvernement local nous obligea à arrêter l'engraissement des bœufs. Redémarrer le projet avec de nouveaux membres n'étant pas autorisé. La dissolution de la coopérative est à présent proche."

"Nous sommes tous responsables de l'échec de ce projet," conclut-il. "Les règles n'ont pas été respectées et le gouvernement local regardait sans agir. Malgré cet échec, nous espérons et croyons que la coopérative peut réellement fonctionner et améliorer la vie des gens. Si nous recevons une nouvelle opportunité dans le futur, nous aurons alors appris de nos erreurs."

 
Mehznet, coopérative de consommateurs à Guetolo


"Mehznet" est une coopérative de consommateurs à Guetolo, dans le sous-district d'Hayelom, au sein de la région du Tigray oriental. Elle compte 5 hommes et 5 femmes. Son président témoigne.

"Nous avons été choisis par une commission de sélection, et avons alors été formés, durant 5 jours, par le projet de sécurité alimentaire ADCS, à la gestion d'une coopérative sous toutes ses facettes," raconte le président. "Nous avons également reçu une centaine de kilos de maïs et de blé."

"La moitié du prêt a depuis lors déjà été remboursée" poursuit-il. "A côté de cela, nous avons épargné jusqu'à 15.000 birr, desquels 10.000 étaient nécessaires pour couvrir tous les coûts. Nous avons alors embauché une jeune femme et acheté une balance. De plus, nous sommes arrivés sur un nouveau marché: celui du bois à brûler. Nous avions remarqué que, dans la région dans laquelle nous vivons, c'était un manque. À présent, nous proposons du bois à brûler dans notre commerce."

"En ce qui concerne la relation entre les membres de notre coopérative, cela se passe très bien. ‘Mehznet' signifie ‘amitié'. Nous nous aidons et nous respectons les uns les autres. Quatre de nos membres se sont d'ailleurs entretemps mariés ensemble. La bonne compréhension explique également le succès de notre coopérative."

"Après le remboursement, nous souhaitons ouvrir une meunerie car, autour de nous, nulle part il n'est possible de transformer les céréales,"
prévoit le président, impatient de tourner cette nouvelle page. "C'est inimaginable ce que nous avons déjà réalisé. Nous ne l'avions jamais pensé. Nous sommes tellement redevables à tous ceux qui nous ont donné cette chance et au programme de sécurité alimentaire !"



>> Lire l'interview intégrale (EN) (pdf)

>> Annual Implementation Report 2010 (pdf) & EU Update January 2011 (pdf)

 

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