EN VISITE DANS LA RÉGION DE SODDO, ÉTHIOPIE

La pénurie alimentaire persiste, les réserves diminuent


Début septembre, j'ai visité la région de Soddo à 350 km au sud d'Addis-Abeba. D'après les informations officielles du gouvernement fédéral, dans ce district, 27.000 personnes ont un besoin vital d'aide alimentaire. Et peut-être même plus. Les chiffres des cliniques locales font état d'une augmentation du nombre d'enfants de moins de 5 ans victimes de retard de croissance, de malnutrition et d'œdèmes.

Depuis janvier 2010, Caritas International collabore activement avec ses partenaires locaux, le gouvernement et l'UE pour soutenir les populations et endiguer la famine qui les menace. Semences améliorées, installation de systèmes d'irrigation, lutte contre l'érosion, accroissement de l'élevage : autant d'éléments quantitatifs et qualitatifs permettant de renforcer la résistance des paysans pauvres afin de leur permettre d'affronter les moments critiques et d'y survivre.

La première année, les résultats se sont rapidement fait sentir : les récoltes de blé et de teff étaient 4 fois plus importantes qu'avec des semences traditionnelles. Le rendement des champs de patates était également plus élevé que prévu. Les chèvres et les moutons ayant été introduits dans les élevages, on pouvait constater, parmi les paysans les plus pauvres, une augmentation significative du nombre de bêtes par ménage. Les systèmes d'irrigation étaient mis en place mais c'était encore un peu tôt pour voir apparaître les premières récoltes des potagers.

 Mais la deuxième année, les choses se compliquent et des contretemps apparaissent. La courte saison des pluies ayant trop tardé, la récolte des plantes tuberculeuses a été perdue à 100%. Dans l'espoir de voir malgré tout les pluies apparaître, les champs vides ont été semés avec les cultures de la courte saison. Mais, dans de nombreuses régions, la pluviométrie est restée insuffisante pour que ces cultures croissent jusqu'à devenir des produits comestibles. Là où c'est malgré tout le cas, les cultures de la courte saison ont alors pris la place de celles de la saison des pluies abondantes. Et, lorsque celle-ci a débuté, les champs qui auraient dû être disponibles ne l'étaient pas encore. Cette année, le rendement des récoltes ne sera pas le même que celui d'une année « normale », les deux saisons des pluies ayant été totalement infructueuses pour la grande majorité des agriculteurs.

Ceux-ci attendent à présent les maigres récoltes qui devraient pousser d'ici décembre et restent dépendants d'ici là de l'aide extérieure. Car les humbles réserves qu'ils avaient accumulées grâce au récent projet, n'auront même pas suffi à combler cette période de sécheresse.



 

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