Face à l'insécurité alimentaire qui frappe 458.100 familles Burundaises, Caritas International et le réseau Caritas se mobilisent. Un programme d'aide d'urgence d'un montant de € 504 000 est mis en œuvre. Caritas International Belgique y participe dans un premier temps à hauteur de € 40 000. Au sortir de 12 ans de guerre civile le Burundi se retrouve actuellement face à une situation d'insécurité alimentaire généralisée. De nombreuses causes structurelles sont à l'origine de cette crise alimentaire : - L'exiguïté des terres et la forte densité de population : la majorité des ménages possèdent moins de 0.5 ha pour nourrir et dégager les revenus nécessaires à toute leur famille.
- Surexploitation des espaces cultivés et donc un épuisement rapide de la qualité des sols.
- L'apparition de maladies qui déciment le cheptel et affectent les cultures de soudure (banane, manioc).
A cela s'ajoute les pluies torrentielles importantes et les inondations qui ont détruit 50 à 80% des récoltes du mois de novembre ainsi qu'une grande part des récoltes de janvier en haricots, patates douces, maïs, sorgho et riz, dans de nombreuses régions du pays. « Le prix de l'haricot a plus que triplé, le pouvoir d'achat d'une famille ne permet donc plus de se ravitailler en sucre, sel, huile, maïs. De nombreuses familles ne prennent déjà plus qu'un seul repas quotidien. Les enfants ne vont plus à l'école, les agriculteurs hypothèquent leurs champs et vendent leur cheptel et les hommes fuient vers la Tanzanie pour trouver du travail, etc. » déclare l'archevêque du Burundi. Près d'un demi million de personnes n'auront pas accès aux semences pour pouvoir faire face à la prochaine saison agricole (fin février - début mars). A l'heure actuelle, la FAO et les ONG sont capables d'assister seulement la moitié des ménages dans le besoin. Sans un appui extérieur, bon nombre de ménages vulnérables seront donc dans l'incapacité de cultiver. Etant donné que les stocks alimentaires sont déjà épuisés, le risque est très important de voir ces ménages mourir de faim ou se décapitaliser pour survivre. Jan Weuts, coordinateur des opérations d'urgence pour Caritas International : « Le réseau international de Caritas, avec le soutien de la FAO, a décidé de concentrer son intervention dans trois provinces (Makamba, Ngozi et Ruyigi). Nous serons capables d'apporter un soutien à plus ou moins 36.500 ménages en situations de très grande précarité. » Dans la province de Ruyigi, l'assistance agricole de Caritas Burundi prendra la forme de foires semencières (les bénéficiaires peuvent grâce à un coupon d'achat acheter des semences agricoles de leur choix). Car si les semences sont disponibles sur les marchés, les familles ne peuvent pas y accéder financièrement. Dans les deux autres provinces par contre, les semences ne semblent pas être disponibles localement. Il est donc prévu d'organiser des distributions directes aux bénéficiaires. 08.02.2007 |