Nigeria

Caritas Internationalis : les conflits ethno-religieux doivent cesser


 12/03/10 - Au Nigéria (pays d’Afrique de l’Ouest), Caritas distribue, des vivres, des vêtements, des couvertures et d’autres secours à 500 familles sans-abri, qui ont fui suite au récent déclenchement de violences ethno-religieuses. Dimanche dernier, à l’aube, 3 villages principalement peuplés par des chrétiens, situés au sud de la ville de Jos (près d’Abuja, la capitale), ont été attaqués par des membres d’une tribu nomade islamiste. Les attaques ont fait au moins 200 morts (quelques sources en citent 500). Certains, tués à la machette, d’autres ayant péri dans l’incendie de leur hutte. Les victimes étaient principalement des femmes, des enfants, des handicapés et des personnes âgées.

En collaboration étroite avec d’autres membres du réseau, Caritas a entamé un programme de consolidation de la paix. Caritas souhaite mettre un terme aux tensions existantes entre les tribus rivales chrétiennes et islamistes, et parvenir à un retour durable à la paix dans la ville de Jos et dans ses alentours. « Un sentiment général d’insécurité règne dans cette région. Les gens vivent constamment dans l’incertitude et dans la crainte, et ont même peur de dormir dans leur hutte. Ils ont abandonné tout espoir. Personne ne fait confiance aux autorités. Les gens n’attendent rien de la police et des forces de sécurité car lors de l’attaque, aucune des deux n’est arrivée sur les lieux à temps. Certains se réfugient dans les montagnes. Des rumeurs d’une nouvelle attaque circulent, mais on ignore si elles doivent être prises au sérieux », ajoute Anthony Fom de Caritas Jos.

La police a, entre-temps, arrêté 95 suspects. Le gouvernement nigérian a ordonné la réalisation d’une enquête concernant les circonstances de cette tuerie massive. Mais Peter Audu, secrétaire général de Caritas Nigéria, ne s’attend pas à de grands changements, ni à ce que les coupables soient pénalement poursuivis. Les prisons sont déjà surpeuplées et la justice est surchargée.

Le récent raid islamiste était une mesure de rétorsion après la violence qui a éclaté à la mi-janvier dans la ville de Jos et dans les environs, et qui a duré 4 jours. Des dizaines de lieux de culte islamistes et chrétiens avaient alors été incendiés, faisant près de 300 morts, principalement des musulmans. Environ 15.000 personnes ont pris la fuite. Une petite moitié d’entre elles s’est réfugiée dans des centres d’accueil (écoles, églises, mosquée, casernes) et dans des camps improvisés dans les environs de Jos. Caritas Nigéria a débloqué 12.500 dollars afin de distribuer l’aide d’urgence à 400 familles déplacées.

Deux décennies de violences ethno-religieuses

 Le conflit qui sévit à Jos est très compliqué. L’archevêque Kaigama, de la ville de Jos, souligne qu’il ne s’agit pas uniquement d’une lutte purement religieuse entre chrétiens et musulmans. D’autres facteurs ethniques, sociaux, politiques, économiques et culturels sont aussi, et surtout, à la base de ce conflit, et sont facilement confondus par les médias étrangers : « Les causes les plus profondes proviennent des oppositions entre les tribus immigrées Hausa et Fulani (bergers et éleveurs) principalement composées d’islamistes d’une part, et les tribus indigènes Berom, Anaguta et Afizeri (fermiers) majoritairement composées de chrétiens d’autre part. Les deux camps se disputent depuis des années le contrôle des terres et le pouvoir politique dans la ville », ajoute Mgr Kaigama.

Au Nigéria, 50% des 142 millions d’habitants sont musulmans, 25% sont protestants et près de 15% sont catholiques. La ville de Jos se trouve en plein centre du pays et forme presque une enclave sur la ligne de rupture entre le nord islamiste et le sud principalement chrétien. Il n’est pas non plus surprenant que la ville ait été, à maintes reprises au cours des 2 décennies précédentes (en 1994, 2001, 2008 et 2009), le théâtre de violences ethno-religieuses ayant causé la mort de centaines de personnes.

 

Qui sommes nous | Aide à l'étranger | Aide aux migrants | Aidez-nous | Publications | Presse | Contact

Caritas International, Rue de la Charité 43, 1210 Bruxelles
Tel: +32 (0)2 229 36 11, Fax : +32 (0)2 229 36 25, info@caritas-int.be, © 2008