CARITAS A LA CONFERENCE DE DURBAN SUR LE CLIMAT

“L’ECHEC DU SOMMET SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ? UN APARTHEID MORAL !”

La 17ème conférence des Nations Unies sur les changements climatiques a lieu jusqu'au 9 décembre dans la ville sud-africaine de Durban. 193 pays reprennent les négociations en vue de trouver un accord global sur le climat. Caritas Internationalis, la confédération dont fait partie Caritas International, appelle les gouvernements à signer un traité qui consacre en priorité les intérêts des plus pauvres.

Après l'échec du sommet de Copenhagen en 2009, l'espoir d'aboutir à un accord contraignant pour réduire les gaz à effet de serre est faible. La situation est donc incertaine quant à la succession du protocole de Kyoto dont l'engagement se termine à la fin de l'année 2012. L'Union Européenne et l'Australie sont bel et bien en faveur d'une seconde période d'engagement pour le protocole de Kyoto, mais rien n'est moins sûr en ce qui concerne les Etats-Unis, le Japon, le Canada et la Russie. Quant aux pays émergents, ils envoient eux aussi un signal fort peu engageant. A l'image de l'Inde qui annonce son refus de prendre des mesures qui pourraient empiéter sur l'élan économique du pays.

Le cardinal Oscar Rodriguez Maradiaga du Honduras, président de Caritas Internationalis, est présent à Durban, avec une délégation Caritas de 20 personnes. Ensemble, ils font pression auprès des négociateurs pour obtenir un accord favorable aux pays pauvres. Ces derniers sont en effet les premiers à essuyer les conséquences des changements climatiques alors que, de par leur mode de développement, ils y ont le moins contribué. La délégation Caritas à Durban plaide pour que des mesures efficaces soient mises en place afin de contraindre les pays industrialisés à diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre de plus de 40% d'ici 2020.

 « Pour Caritas, il importe d'œuvrer dans le sens de la justice climatique, car il est injuste que ce soit les plus pauvres et ceux qui émettent le moins de gaz à effet de serre qui sont le plus durement touchés par les changements climatiques », relate le cardinal Maradiaga. « L'Afrique est en effet le continent le plus vulnérable face à l'impact des changements climatiques. » Les faits sont accablants : les risques de sécheresse et de stress hydrique sont croissants, les capacités de production alimentaire sont en baisse, la durée de la saison des pluies diminue de façon inquiétante, les semences ne sont plus assez robustes pour faire face aux changements de climat,... Il est sans doute inutile de le souligner ; cette triste réalité apporte la famine et la misère dans des pays déjà très pauvres.

« L'échec des négociations sur le climat entraînerait un « apartheid moral », et cela ne peut pas arriver. », affirme Maradiaga. « Tout comme sous le régime de l'apartheid en Afrique du Sud quand les personnes étaient distinguées selon leur race, la politique globale en matière d'énergie et d'environnement mène à la séparation de l'homme et de la nature. »

 

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