Témoignage Inde

Kopanathi. Narasimaha Rao, team member Task force-Elichetladibba


Je suis originaire d’Elichtladibba, un village reculé d’Edurumondi Island. En janvier 2005, les services sociaux de Vijayawada sont passés dans notre village pour distribuer des filets de pêche. J’en ai reçu un, moi aussi. Je pouvais enfin gagner à nouveau ma vie. En novembre 2005, des responsables des services sociaux sont venus à la rencontre des anciens du village. J’ai participé. Ils ont parlé des catastrophes naturelles et expliqué comment ces catastrophes pouvaient détruire des vies et des possessions. On a bien failli éclater de rire : on savait mieux que personne combien la vie pouvait être dure, on avait déjà eu pas mal de mauvaises expériences depuis notre enfance. Ils nous ont raconté qu’ils voulaient apprendre à mieux connaître notre village et nous aider à être mieux préparés. Ils nous ont parlé du CBDP (Community Based Disaster Preparedness).
 
Ils sont venus régulièrement au village et ont organisé des réunions. Je suis devenu membre de la Task Force Team, plus précisément du comité Alimentation. Nous nous sommes rendu à Nagaylanka pour y rencontrer des gens plus expérimentés. Il y avait beaucoup de monde et je n’ai pas tout compris, mais ils nous ont expliqué que nous pourrions mieux vivre si nous mettions tous ensemble la main à la pâte. Nous nous réunissons tous les mois avec l’animateur. Ma tâche consiste à recueillir tous les mois une poignée de riz dans chaque famille. Notre équipe fait du bon boulot. Dans le village, il y a 380 familles, et 1.260 personnes. Certaines personnes ont déménagé pour trouver du travail. Entre-temps, nous avons déjà placé 5.000 Rupees dans un fonds d’urgence pour notre village.

Certaines personnes étaient d’abord peu intéressées par la collecte de riz, mais quand nous leur avons expliqué à quoi servait cette action, elles ont changé d’avis. Je suis très satisfait du groupe. Lors des fortes pluies, le riz récolté a bien servi. Nous avons pu donner à manger aux pauvres et aux ouvriers. Mon village est dépourvu de vraies routes, il n’y a pas de bus. Lors de la saison des pluies, les pistes se transforment en mares de boue. Impossible de se déplacer, même à vélo. Tout le village dépend alors de la pêche. Les femmes vont vendre le poisson dans les villages avoisinants. Avant le programme CBDP, nous partions pêcher, nous donnions un peu d’argent à nos femmes puis nous allions nous enivrer. Les notions de bienêtre et de bien-vivre sont nouvelles pour nous. Nous avons une école, mais les professeurs n’arrivent ici qu’à midi. Les enfants apprennent donc peu de choses, et ne font pas d’études supérieures. Le CBDP m’a expliqué que nous pouvons changer les choses. Ce n’est pourtant pas facile de se défaire de nos anciennes habitudes. Mais j’ai quand même un peu changé. Je ne bois plus autant qu’avant, et je veux que mes enfants aient une bonne formation. Je vais les envoyer à l’école. Après le Tsunami, nous avons reçu de l’aide mais le CBDP nous a dit que nous devions à présent assurer nous-mêmes notre avenir. Le CBDP m’a appris à penser positivement. Je suis convaincu que les choses vont changer dans notre village.

 

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