Un texte adopté ce 12 octobre en Commission Santé de la Chambre vise à exclure de l'accueil les demandeurs d'asile dès leur seconde demande ainsi que ceux ayant introduit un recours au Conseil d'Etat. En tant que partenaire actif de l'accueil, Caritas International s'inquiète de ces nouvelles dispositions. | Par voie de communiqué, le Ciré et Vluchtelingenwerk Vlaanderen ont déjà tenu à exprimer que les modifications de la loi accueil ne résoudront pas la crise qui sévit depuis 3 ans. Pire encore, elles risquent même de l'aggraver ! Et les deux organisations coupoles dénoncent également ce qu'elles considèrent comme une atteinte aux droits des demandeurs d'asile : « Ce texte va clairement dans le sens de la restriction des droits fondamentaux de certains demandeurs d'asile » clament-elles en chœur. Et Vluchtelingenwerk Vlaanderen ajoute que ces nouvelles mesures ne résoudront rien puisque les exclus de l'accueil iront rejoindre les rangs de ceux auxquels aucun hébergement n'a pu être trouvé durant ces trois dernières années. Or, ils seraient déjà plus de 10 000 à avoir reçu une non-désignation de place d'accueil et à avoir été renvoyés à la rue. Sans logement, sans aide et surtout sans accompagnement socio-juridique. Membre des deux coupoles ayant réagi à ces nouvelles dispositions, Caritas International est l'un des partenaires actifs du secteur de l'accueil. Hébergeant quelque 1.000 demandeurs d'asile en logements unifamiliaux, l'ONG assure également leur suivi socio-juridique grâce à une équipe multidisciplinaire. Florence Lobert, responsable du service accueil s'inquiète des récentes modifications de la loi : « D'une part, Caritas International défend le principe que tout être humain a droit à une vie digne et a fortiori les demandeurs d'asile qui cherchent avant tout à obtenir une protection » rappelle-t-elle. « Nous ne pouvons donc accepter que des candidats réfugiés soient abandonnés à leur sort, avec la rue pour seule alternative, d'autant qu'ils sont ainsi privés de leur droit à un accompagnement socio-juridique, ce qui risque de gravement affecter la qualité de leur procédure et d'avoir un impact négatif sur la décision d'octroi ou non d'un statut de protection. C'est la raison pour laquelle Caritas International continuera de plaider pour des mesures plus justes et humaines tels que le plan de répartition des demandeurs d'asile qui permettrait de sortir de l'impasse et de répartir la charge financière sur l'ensemble du pays.» Dans le cas des recours au Conseil d'Etat, Vluchtelingenwerk Vlaanderen précise que très peu de cas sont véritablement examiné, le Conseil d'Etat ne se prononçant pas sur le fond mais vérifiant uniquement que la procédure d'asile s'est déroulée en conformité avec la loi. En termes de libération de places d'accueil, exclure cette catégorie équivaudrait donc à une goutte d'eau dans l'océan. Toujours d'après notre coupole, concernant l'exclusion des demandeurs d'asile qui introduisent une deuxième (ou ultérieure) demande, il est bon de signaler qu'en 2010, 58% des dossiers auraient été transmis au Commissariat Général aux Réfugiés et aux Apatrides, ce qui signifie qu'ils auraient été valablement fondés. Et le Ciré de conclure : « La problématique de l'accueil est complexe. Elle demande un débat approfondi et serein, dans le contexte d'une réflexion globale sur la politique d'asile. Or, c'est dans l'empressement, pour à tout prix faire passer un texte avant la mise en place d'un nouveau gouvernement, que les parlementaires ont voté. Voté un texte qui bafoue les droits fondamentaux des personnes et qui constitue une mauvaise réponse à la crise de l'accueil. » Lire plus : Communique du Ciré (FR) Communiqué de Vluchtelingenwerk Vlaanderen (NL) |