Umbrella March 2010

REVENDICATIONS POLITIQUES


24/06/2010 - À travers le monde, on dénombre 42 millions de personnes en fuite à la recherche d’une protection. La plupart d’entre elles fuient la guerre, la violence ou les persécutions en raison de leurs opinions. Seule une petite minorité de ces réfugiés viennent chercher l’asile à l’intérieur des frontières de l’Union européenne. Pourtant les États membres de l’Union ne cessent de durcir leur politique d’asile sans prendre en compte le besoin de protection de ces personnes.

En cette Journée Mondiale du Réfugié et à la veille de la présidence belge de l’Union européenne, nous tenons à attirer l’attention sur la protection des réfugiés. Nous appelons la présidence belge à encourager une politique d’asile européenne humaine et de qualité.

Notre espoir va même plus loin. Nous espérons que la politique étrangère de l’Union aide à prévenir les conflits et que l’Union européenne inscrive le respect des droits humains en priorité à son agenda.

Voici nos revendications :

1) Donnons aux réfugiés la possibilité d’introduire leur demande d’asile en Europe en toute sécurité
Pour demander l’asile en Europe, les réfugiés, victimes de la guerre ou de persécutions, doivent physiquement atteindre le territoire européen. Or, l’Europe ferme de plus en plus ses frontières et les réfugiés mettent leur vie en danger dans leur périple. L’Europe peut contrôler ses frontières mais cela ne peut se faire au détriment du droit des réfugiés à la protection. L’Europe doit continuer à garantir une voie d’accès à son territoire afin que les réfugiés puissent y arriver sans mettre leur vie en danger. Le contrôle des frontières extérieures de l’Union ne peut conduire à n’offrir aucune protection aux réfugiés qui en ont besoin.

2) Accordons aux réfugiés les mêmes chances d’obtenir l’asile dans tous les pays européens
Les réfugiés qui réussissent à atteindre l’Europe sont confrontés à des systèmes d’asile très différents d’un État européen à un autre. Dans un pays, ils ont 98% de chances d’obtenir une protection, dans un autre, ce pourcentage est nul. L’Europe doit mettre un terme à la loterie de l’asile et instaurer un vrai système d’asile européen commun. Pour ce faire, il est urgent d’harmoniser les législations nationales des États membres en matière d’asile. Un cadre juridique fort est indispensable pour garantir un système d’asile commun de qualité qui assure au final une réelle protection aux réfugiés qui en ont besoin.

3) Arrêtons de renvoyer les réfugiés vers des pays européens qui ne garantissent pas leur protection
La législation européenne appelée “règlement de Dublin” détermine quel État est compétent pour examiner une demande d’asile. En application de cette règlementation, des demandeurs d’asile sont renvoyés vers des pays qui ne leur garantissent pourtant ni protection, ni accueil. Ce règlement se base sur l’idée que tous les États européens appliquent de la même façon les directives européennes destinées à protéger les réfugiés et à leur offrir un accueil conforme à la dignité humaine. Or, ce n’est qu’une illusion ! Cette règlementation doit être abolie. Et dans l’attente, l’Europe doit suspendre les transferts des demandeurs d’asile vers les États qui ne respectent manifestement pas leurs obligations.

4) Assurons aux réfugiés un accueil et un accompagnement dignes. Il faut immédiatement mettre fin à la crise de l’accueil des demandeurs d’asile
Il est essentiel d’offrir aux demandeurs d’asile un accueil conforme à la dignité humaine pendant la durée de leur procédure d’asile. Les États européens doivent respecter des normes minimales destinées à garantir cet accueil de qualité. Certains États européens dont la Belgique ne respectent pourtant pas leurs obligations en la matière. Chez nous, des demandeurs d’asile se retrouvent à la rue, livrés à eux-mêmes. La Belgique doit montrer l’exemple, d’autant plus durant son mandat à la présidence de l’Union européenne. Elle doit mettre un terme à la crise de l’accueil des demandeurs d’asile.

5) Cessons la détention des réfugiés et de leurs enfants en centres fermés
Partout en Europe, on enferme des personnes dont le seul « délit » est d’avoir franchi irrégulièrement une frontière et d’avoir cherché une protection. Les demandeurs d’asile en procédure ne devraient jamais être privés de liberté. La détention est incompatible avec une procédure d’asile de qualité. L’interdiction ou la limitation très stricte de la détention doit être introduite dans la législation européenne relative à l’asile. La détention ne peut être utilisée qu’en dernier ressort, après que des mesures alternatives moins coercitives aient échoué. La Belgique n’enferme plus de familles avec enfants ; elle devrait promouvoir activement cette bonne pratique auprès des autres États membres.

6) Offrons un avenir sûr en Europe aux réfugiés qui ne sont pas protégés dans leur région d’origine
La grande majorité des réfugiés ne sont pas en Europe mais dans les pays voisins de leur pays d’origine. Ceux-ci sont bien souvent pauvres et ne peuvent leur offrir une quelconque protection. Les États membres de l’Union européenne peuvent offrir une protection effective à ces réfugiés en les réinstallant en Europe. C’est également un moyen de se montrer solidaires avec les régions d’origine dépassées. La réinstallation garantit une solution durable aux réfugiés qui ne peuvent obtenir une protection dans leur pays d’origine ou dans le pays d’accueil. L’année dernière, la Belgique a réinstallé 47 réfugiés irakiens qui se trouvaient en Syrie et en Jordanie. Une meilleure collaboration des États membres permettrait de réinstaller des réfugiés en plus grand nombre et de développer des programmes de réinstallation durables.


 

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